Index

La Roche de Solutré

Situation géographique et géologique
Histoire géologique
Explication et interprétation du dessin, du log et de la coupe géologique de Solutré  
Dessin de la Roche de Solutré  
Log stratigraphique de la Roche de Solutré
Coupe géologique des trois monts
Bibliographie
 
  1. Explication et interprétation du dessin, du log et de la coupe géologique de Solutré

 

  1. Le dessin de la Roche de Solutré
  2. a.1 - Méthode
    a.2 – Commentaire
  3. Le log stratigraphique
  4. La coupe géologique
  5. c.2 – Méthode
    c.2 – Commentaire

 

  1. Le dessin de la Roche de Solutré
a.1 - Méthode

Le dessin de la roche de solutré a été réalisé à partir de ces 3 photos du web:
-Tourette AM, Roche de Solutré, in logiciel en-ligne Google Earth, modifié en 2010, consulté en 2010, http://www.panoramio.com/photo/5531869 photo 5531869.jpg.
-Aldo, La Roche de Solutré, in album Week End de noce 2007, modifié en 2010, consulté en 2010, http://picasaweb.google.com/lh/photo/nXR66JfNgjNNm90itfWmtA photo Week End de noce 2007 307.jpg.
-Jlhuss, in article de blog: Le 28 … lendemain du 27!, daté du : Lundi 28 mai 2007, in Blog : "A©tu bien pris tes comprimés" ?, Editeur : Blog LeMonde.fr, modifié en 2007, consulté en 2007, http://jlhuss.blog.lemonde.fr/2007/05/28/le-28-lendemain-du-27/ photo solutre-3.1180370132.jpg
a.2 – Commentaire

Loin d'être seule, on voit dans Infoterre et dans Google Earth que la Roche de Solutré est un morceau de récif corallien ayant résisté à l'érosion et regardant à l'Ouest le socle de l'ère primaire qui s'est soulevé de façon très brutale pendant l'orogenèse hercynienne, 1200m devant la Roche de Solutré, il y a un massif allongé parallèlement dont le point culminant qui s'appelle Le Mont est à peine à 551m mais est 65m plus haut que la bien plus tardive Roche de Solutré. Plus de 170 millions d'années séparent ces deux roches.
Ce massif corallien formait avec toutes les autres roches du Jurassique moyen une barrière de Corail il y a -170 millions d'années. Il s'étend en Bourgogne de Leynes à Laives sur plus de 42,9km et fait plus de 4 000m (ou soit 4km) de largeur. On peut supposer que les crinoïdes et les polypiers étaient à l'époque très prospères.
NordSud

Crédits: Google Earth 2010.

Sur mon dessin on découvre de haut en bas les calcaires à polypiers, puis les calcaires à entroques supérieur, puis le calcaire fossilifère à niveaux marneux, puis le calcaire à entroques inférieur, puis le calcaire à pecten pumilius, puis les marnes et éboulis par dessus le terrain argilo-calcaire d'un vignoble de Pouilly-Fuissé. Cet ensemble a commencé à se déposer il y a -172 millions d'années, et cela a duré environ 10 millions d'années, de bas en haut, de l'Aalénien supérieur au Bajocien moyen et inférieur.
Le calcaire à polypiers a été fabriqué à partir de cristaux chitineux de carbonate de calcium sécrétés par des polypes, colonie benthique de cnidaires, pendant leur croissance, autour et au-dessous de leurs corps mous. La structure du squelette coralien dépend à la fois de l'espèce et des avantages et restrictions du milieu marin comme l'accessibilité à la lumière et le partage de l'espace. Les polypiers et leurs descendants bâtissent au cours de leur existence, un squelette calcaire commun, qui s'accumule en barrière récifale, avec l'aide des zooxantelles, algues unicellulaires, avec qui ils vivent en symbiose. Ils leur fournissent du dioxyde de carbone et en contre partie elles leur fournissent de l'oxygène. Un des polypiers les plus connus aujourd'hui en Méditerranée est le corail rouge (Corallium rubrum).
Crédits: Stella Jean-Pierre, Commentaire : Quelques détails d'une branche du corail rouge, in post : Corallium rubrum, corail rouge de Méditerranée en photos (#1), in site : www.aquaportail.com, modifié en 2010, consulté en 2010, http://www.aquaportail.com/ topic-3845-21-corallium-rubrum-corail-rouge-de-mediterranee-en-photos.html, photo anemone-clown_1247651596_corallium-rubrum-corail-rouge-mediterranee.jpg

Les crinoïdes tout comme les cnidaires, peuvent avoir l'apparence de végétaux mais les deux sont des animaux marins à symétrie radiale. Une entroque est un morceau de bras ou de tige de crinoïde. Crinoïde désigne une classe d'êtres vivants alors que cnidaire désigne un ensemble plus vaste, un embranchement. L'un des classements les plus populaires en taxinomie est le suivant : Êtres Vivants > Domaine > Règne > Embranchement > Classe > Ordre > Famille > Genre > Espèce > Variété. La plupart des crinoïdes ressemblent dit-on à une fleur de lys avec des bras creux, souvent au nombre de 5 paires, munis de spicules en guise de pétales reliées par un calice à une tige, à symétrie généralement pentardiée, qui est creuse à l'intérieur.

Image 1- Crédits: Sabino Ferreira Marcos : Crinóides, image modifiée en 2008, site modifié en 2010, consulté en 2010, in topic : Fósseis vivos – Os melhores amigos dos criacionistas ?, posté le 5 novembre 2008, http://alogicadosabino.wordpress.com/2008/11/05/fosseis-vivos-os-melhores-amigos-dos-criacionistas/ photo crinoide.jpg
Image 2 - Crédits: Vassil, Description : Agaricocrinus americanus, crinoïde, carbonifère, Provenance: Indiana, Source : Alias Collections, Date : le 8/12/2007, in article: Crinoïde, in site: Wikipédia – L'encyclopédie libre, modifié en 2010, consulté en 2010, http://fr.wikipedia.org/wiki/Crino%C3%AFde photo Agaricocrinus_americanus_Carboniferous_Indiana.jpg
Image 3- Débris de crinoïdes, au microscope, Espace Pierre Folles, Saint-Jean-les-Vignes (69)
Image 4- Calcaire à entroques – Roche de Solutré

Le calcaire à entroques a été fabriqué à partir de l'accumulation de squelettes et de spicules de crinoïdes. Le squelette du crinoïde est constituée de plaques étoilées superposées sous le tégument, tissus qui lui sert de peau. Ces plaques sont en carbonate de calcium. De même les spicules sont en carbonate de calcium. Comme ce sont des organismes sédentaires, benthiques, à leur mort les squelettes calcaires s'amoncèlent toujours au même endroit, et sûrement les particules de carbonate de calcium qui s'en détachent servent de colle pour cimenter les plus gros morceaux de fossiles et sous le poids de l'eau les sédiments cimentés deviennent une roche compacte et homogène très dure et très résistante.
La couche de calcaire à entroques de l'Aalénien dans le Mâconnais-Beaujolais a servi comme pierre à bâtir à Oingt au moins depuis l'époque médiévale. La Porte de Nizy à Oingt date du 13ème siècle après Jésus-Christ. La couleur ocre de la pierre dorée est en partie due à la présence d'oxydes de fer, le calcaire étant généralement jaunâtre. Grâce aux canaux axiaux des entroques, on suppose que la lumière se diffracte et donne des reflets charmants durant le trajet du soleil. Par ailleurs je remarque que en fonction de la couleur du support papier sur lequel est posée la pierre dorée, celle-ci n'a pas toujours les mêmes couleurs. Ces photos ont été réalisées en 2008 avec un simple appareil photo et une loupe.
Pierre Dorée : Calcaire à Entroques de l'Aalénien
Variation de couleurs en fonction du support papier.
Sur fond noir, la roche devient très claire.Sur fond rose clair, la roche devient moyennement foncée.Sur fond blanc pur, la roche devient très foncée.

En ce qui concerne les applications du calcaire à entroques en tant que pierre à bâtir, la première photo est tirée du site web suivant : Christelle, Commentaire : « On accède au village par la porte fortifiée Nizy qui témoigne bien de l'époque médiévale. », in post : Le Village d'Oingt, Lundi 15 Septembre 2008, in blog: Les balades de Christelle, modifié en 2010, consulté en 2010, http://les-ballades-de-christelle.over-blog.com/categorie-10572597.html photo DSCN2885.jpg. Et la deuxième, je l'ai prise justement aussi en 2008, il s'agit d'une potière.

Finalement en ce qui concerne l'historique des carrières de Pierres Dorées, calcaires à entroques de l'Aalénien, qui se sont déposés au même moment que la formation de la roche de Solutré, en se basant sur l'histoire des carrières d'Oncin en Beaujolais, aussi appelées carrières de Glay, les tailleurs de pierres étaient un deuxième métier occupé depuis le XVème siècle par les vignerons, les agriculteurs et d'autres corps de métiers moins probables. Avant de devenir tailleurs de pierre, ils se formaient au métier de manouvriers, puis de trancheurs, puis de bardeurs, puis d'ébaucheurs sous la direction d'un maître perreieur ou maître carrier. L'apogée du métier eût lieu entre le XVIIème et le XVIIIème siècle. A partir de 1880, on observe un déclin de l'exploitation des carrières de calcaire du Beaujolais-Mâconnais dû à l'introduction d'un ciment aux propriétés de ligand améliorées. D'ailleurs en 1840, Louis Vicat découvre le clinker, constituant du ciment lent. La dernière carrière d'Oncin ferme ses portes en 1947. Aujourd'hui, au XXIème siècle, on raconte qu'il ne reste plus que trois carrières de Pierres Dorées en cours d'exploitation à Jarnioux, Ville-sur-Jarnioux et Marcy, ces trois villes sont dans le Beaujolais. Le Musée géologique Espace Pierres Folles à Saint-Jean-les-Vignes est construit sur une ancienne carrière de pierres dorées, ils ont cessé toute activité mais ils vendent encore des pierres dorées aux communes qui les utilisent d'après la Mairie de Légny.

  1. Le log stratigraphique

Le log stratigraphique a été réalisé au 1/25 000 à partir de la notice de la carte géologique de Mâcon au 1/50 000. Cet agrandissement de 2 a été nécessaire parce que la plupart des couches de la notice faisaient une dizaine de mètres ce qui correspond à 0,02cm sur une échelle de 1cm ≡ 500m. De plus la plupart des couches qui font moins de 25m d'épaisseur ont été regroupées en ensemble de couches afin d'obtenir une épaisseur totale plus réaliste. Mais certaines couches qui font moins de 25m comme celles du calcaire à polypiers j1bP ont été agrandies en étant représentées avec une épaisseur sur le log de 1mm, parce qu'elles se situent à des niveaux d'affleurements visibles et ont une portée interprétative déterminante pour la coupe.
De bas en haut on a le socle où on a fusionné h et hsρ en Hsρ parce que le niveau houiller est commun aux deux couches et parce qu'elles appartiennent à la même ère. Puis les couches non visibles qui ont toutes été représentées en raison de leur forte épaisseur. Mais le Trias gréseux et les Dalles à Gryphées qui font moins de 25m ont été exagérés à 1mm. Puis les couches visibles où on a souligné la présence du calcaire à polypiers j1bP par dessus les couches calcaires. Du point de vue interprétatif cela signifie que les sommets des Roches de Vergisson, Solutré et Pouilly ont le même âge, que ces affleurements rocheux de calcaires à entroques surmontés d'un peu de calcaire à polypiers sont contemporains et font partie de la même structure sédimentaire : la barrière de corail du Jurassique moyen. Et finalement on a les couches érodées qui ont pour la plupart été regroupées.
Le Jurassique moyen a été divisé en 3 temps du plus ancien au plus récent : Jurassique moyen 1 – JM1, Jurassique moyen 2 – JM2 et Jurassique moyen 3 – JM3. Le Jurassique moyen 1 correspond aux couches visibles qui ont été décrites en détail, en dissociant le sommet j1bP, du tronc j1b-l6b des roches, et dure de l'Aalénien supérieur au Bajocien inférieur et moyen. L'Aalénien se termine vers -171,6 ± 3,0 Ma et le Bajocien se termine vers 167,7 ± 3,5 Ma, donc à titre indicatif la Roche de Solutré s'est formé entre -172 et -165 millions d'années. Elle est contemporaine du calcaire à entroques de l'Aalénien, d'ailleurs les niveaux au-dessous du calcaire à polypiers du Bajocien inférieur, j1b-l6b en contiennent. Le Jurassique moyen 2 correspond à des couches érodées du Bajocien supérieur au Bathonien inférieur j2a-1c. Le Jurassique moyen 3 correspond à des couches érodées du Bathonien moyen au Bathonien supérieur : j2bC, j2cM et j2cC. Le Jurassique Supérieur JS qui n'est pas là non plus a été regroupé. Et le Tertiaire T qui est aussi absent, a été considéré comme un bloc. Finalement, les éboulis du Quaternaire – E et les épandages K ont été sur-représentés avec une épaisseur de 1mm parce que c'est dans les éboulis qu'on a découvert les fossiles du paléolithique supérieur au pied de la roche de Solutré, et parce que les épandages d'argile et de sables avec des dépôts détritiques sont fréquents dans le Mâconnais.

Rem: Installez les fonts webdings et mathematica pour mieux visualiser le tableau.
SérieConversionTotal˚SérieConversionTotal
Fz ? 5m ≡ 0,02cm1mmj2cC≈5m( ±2m) ≡ 0,02cm4mm
E ? 5m ≡ 0,02cm1mmj2cM80m(-50m) ≡ 0,32cm
pA≤10m ≡ 0,04cm2mmj2b15m(+5m) ≡ 0,06cm
m4b≈10m ≡ 0,04cmj2a-1c150m(+30m) ≡ 0,6cm6mm
g3-m320m( ±10m) ≡ 0,08cmj1bP10m ≡ 0,04cm1mm
e1-g2≈10m ≡ 0,04cmj1b-i6b50m(+10m) ≡ 0,2cm2mm
j8-j7>100m ≡ 0,4cm8mml6a-470m(+10m) ≡ 0,28cm3mm
j6b30m ≡ 0,12cml315m(-5m) ≡ 0,06cm1mm
j6a20m ≡ 0,08cml2-tA50m(-30m) ≡ 0,2cm2mm
j530m ≡ 0,12cmtG10m(-7m) ≡ 0,04cm1mm
j4-320m(+10m) ≡ 0,08cmh10m ≡ 0,04cm16mm
 hsρ400m(-200m) ≡ 1,6cm
γ350m ( ±40m) ≡ 0,2cm2mm
ρ ? 50m ≡ 0,2cm2mm

  1. La coupe géologique
c.1 Méthode

La coupe géologique des trois monts : Roche de Vergisson, Roche de Solutré, Mont de Pouilly au 1/25 000 d'après la Carte Géologique de Mâcon (au 1/50 000) a été réalisée en partant de la courbe de niveau à 340m de hauteur à l'Ouest de la Roche de Vergisson jusqu'à la courbe de niveau qui fait 400m de hauteur à l'Est du Mont de Pouilly en passant par le sommet des roches de ces trois monts.
J'ai tout d'abord calculé les hauteurs au 1/25 000 pour les courbes de niveau puis les distances entre les couches géologiques. En ce qui concerne les failles, j'ai tracé une ligne correspondant à l'intersection entre deux courbes de niveau et la faille sur le plan. Puis j'ai déterminé le type de faille que c'était. Et enfin j'ai rajouté la direction de la coupe, la toponymie, l'altitude maximale des monts, le log stratigraphique réduit et le titre de la coupe.
J'ai supposé que à Vergisson il y avait une faille inverse parce que sur le plan on a l'impression que les terrains à l'Ouest de la faille sont plus hauts que ceux à l'Est. Or dans une faille inverse, le toit, donc le sommet, est soulevé par rapport au mur, donc par rapport aux couches les plus anciennes. Que à la Roche de Solutré, il y avait une faille sénestre parce que si on se place derrière la faille, on a l'impression que les terrains sont décalés vers la gauche, et enfin que à Solutré-Pouilly, il y avait une faille vers l'arrière parce qu'on a l'impression que les terrains sont soulevés vers l'arrière.
Courbes de niveau 1cm ≡ 250m longueur→hauteurCouches géologiques 1cm ≡ 250m longueur→couchevCourbes de niveau 1cm ≡ 250m longueur→hauteurCouches géologiques 1cm ≡ 250m longueur→couche
0cm → 1,36cmDe 0 à 1,2cm : l6a-49,2 → 1,8De 9 à 9,4 : j1b-l6b (F)
1,2 → 1,6De 1,2 à 1,6 : j1b-l6b9,8 → 1,6De 9,4 à 10,6 : l6a-4 avec de 9,5 à 10,2 : E
1,8 → 1,8De 1,6 à 2,6 : j1bP11 → 1,4De 10,6 à 11 : l3 (F)
2,2 → 1,9411,6 → 1,36De 11 à 12,2 : l2-tA
2,6 → 1,6De 2,6 à 2,8 : j1b-l6b12,2 → 1,4De 12,2 à 12,8 : l3
3,4 → 1,4De 2,8 à 5,4 : l6a-4 (F)13,3 → 1,6De 12,8 à 13,8 : l6a-4
4,6 → 1,25,6 : rivière / fleuve
De 5,4 à 5,8 : Fz
14 → 1,8De 13,8 à 14,2 : j1b-l6b
5,6 → 1,0814,3 → 1,936De 14,2 à 15,4 : j1bP
6,2 → 1,2De 5,8 à 7,6 : l6a-4
De 7,6 à 8,4 : j1b-l6b
15,1 → 1,8
7,2 → 1,416 → 1,6De 15,4 à 16 : j1b-l6b
8,6 → 1,7De 8,4 à 9 : j1bP  
8,9 → 1,84  

Couches géologiques :
Faille à 5 cm dans le l6a-4; -7mm : +350m.
Faille à 9,2 dans le j1b-l6b ; +12mm : +330m (&equiv ; 1,32cm).
Faille de 11 à 12,8 dans le l3, l2-tA et l3.

c.2 Commentaire

Dans ce commentaire, tout d'abord je situe géographiquement et géologiquement la Roche de Solutré, puis je donne un aperçu général de la partie Ouest et Est de la Sâone, et enfin je parle de la coupe géologique de la Roche de Solutré.
La Roche de Solutré se situe dans la région bourgognaise en mâconnais, au Nord-Ouest de Lyon, dans une région de plaines et de monts. A l'Ouest on a Mâcon et au Sud, Beaujeu puis Oingt. D'un point de vue géologique, elle se situe à l'Ouest d'un synclinal qui va de Leynes à Laives dans le Nord-Est qui fait plus de 42,9km de long. Ce synclinal a été éventré au côté Ouest en escalier par les failles, et s'est vu détaché des morceaux vers l'Est du côté Est. De plus il a été comprimé à partir des deux extrémités, surtout du côté Ouest, la Roche de Solutré correspond donc à un plissement. Ce plissement est postérieur au Miocène puisque les couches du Miocène sont elles aussi plissées, ce qui correspond à l'orogenèse des Alpes qui a commencé à l'Éocène et qui continue jusqu'à aujourd'hui. De même la faille inverse à Vergisson montre une tectonique en compression. Le terrain le plus récent de ce synclinal est dans le Miocène mais celui-ci a été érodé dans la partie Nord, et la roche sédimentaire la plus ancienne du synclinal sont les terrains gréseux du Trias. En réalité il n'y a pas que du grès, on observe aussi des marnes versicolores, rouge, jaunes et vertes. Le plissement dans lequel se situe la Roche de Solutré correspond au début du Jurassique Moyen.
D'un point de vue global, à l'Ouest de Mâcon on est dans un domaine de cuestas, où l'érosion fluviale a mis à jour ici et là les couches sédimentaires du Jurassique inférieur et moyen, et à l'Ouest de la Roche de Solutré, les courants marins ont même mis à jour des cuestas dans le socle rhyolitique comme celle du Bois des Pierres. La Roche de Solutré est en elle-même une cuesta puisque le côté Sud-Est est une falaise et le côté Nord-Ouest est une pente douce, de même pour la Roche de Vergisson, mais on pourrait hésiter à qualifier le Mont de Pouilly de cuesta parce que son sommet s'est effondré vers l'avant sûrement au Bajocien moyen. D'un point de vue hydrogéologique, à l'Ouest de la Roche de Solutré on a le socle cristallin qui affleure, au niveau de la Roche de Solutré jusqu'à la Saône on a des terrains imperméables localement aquifères, autour de la Sâone on a des terrains alluviaux, puis à l'Est on a les plaines de la Bresse, plates sur 45km, avec ses terrains à dominante sédimentaire qui continuent d'être sédimentaire, même lorsque l'on se rapproche des Alpes, sur environ 70km vers l'Est, qui sont assez récents, et qui se sont déposés du pliocène à aujourd'hui. Toutes ces information sont disponibles dans le logiciel du BRGM, Infoterre sur http://infoterre.brgm.fr.
Bien que la Roche de Solutré soit la plus haute avec ses 493m, la coupe ne passe pas tout à fait sur son sommet, elle passe un peu plus vers le bas vers 460m. L'orogenèse des Alpes pendant la fin de l'ère tertiaire a causé les plis qui n'étaient pas présents au Jurassique inférieur et moyen. Le plissement a eu lieu au même moment pour les trois roches étudiées dans la coupe, ou soit pour la Roche de Vergisson, la Roche de Solutré et le Mont de Pouilly, parce qu'elles renferment des sédiments du même âge. Les couches de ces trois monts sont de type sédimentaire, à l'origine chaque couche entière fut compactée en position horizontale. Les couches affleurantes se sont déposées entre l'Aalénien supérieur et le Bajocien moyen dans une mer chaude et peu profonde grâce à la prolifération des crinoïdes, petits organismes benthiques qui s'y sont installés pendant des générations puis des polypes, coraux ayant apprécié l'entassement de cadavres de fleurs de lys. En se solidifiant grâce à la pression de l'eau et aux propriétés de ligand calcaire du carbonate de calcium caractérisant le squelette tégumentaire et les spicules des crinoïdes, ceux-ci sont devenus le calcaire à entroques après le départ de la mer au Tertiaire, dû à la subduction du continent africain sous le continent européen. Puis en remplissant par la pression, la précipitation du carbonate de calcium, et les débris calcaires, les vides d'un squelette microscopiquement organisé avec ses formes géométriques et macroscopiquement bourgeonnant d'embranchements visant à maximiser la surface de contact avec la lumière, les restes de polypiers sont devenus le calcaire à polypiers.