Index

La Roche de Solutré

Situation géographique et géologique
Histoire géologique

 

Explication et interprétation du dessin, du log et de la coupe géologique de Solutré  
Dessin de la Roche de Solutré
Log stratigraphique de la Roche de Solutré
Coupe géologique des trois monts
Bibliographie
 
  1. Histoire géologique
  1. L'ère primaire
  2. L'ère secondaire
  3. L'ère tertiaire
  4. L'ère quaternaire

 

  1. L'ère primaire

A l'ère primaire, pendant le Carbonifère, les continents se regroupent pour former la Pangée, pendant que l'océan Rhéique entre le Gondwana (Amérique du Sud, Afrique, Inde, Australie, Antarctique) et la Laurentia-Baltica (Amérique du Nord, Groenland, Scandinavie, Europe du Nord jusqu'à Moscou) se referme, les Appalaches rentrent dans une deuxième phase d'orogenèse, puis avec la fermeture de cet océan, 20 à 40 millions d'années plus tard, vers -340 se forme, juste à quelques kilomètres, la chaîne Hercynienne aussi appelée chaîne des Mauritanides.

Située en bordure de mer, le bois des arbres et des plantes donne lieu à un terrain houiller, et le volcanisme à l'origine du déplacement des continents est accompagné de production de magma riche en silice qui se cristallise rapidement à l'extérieur en rhyolites et lentement à l'intérieur de la croûte terrestre en microgranite et d'explosions violentes de cendres et de projectiles pyroclastiques qui forment des tufs rhyolitiques. La rhyolite est une roche ignée extrusive à refroidissement rapide qui possède une structure assez homogène de couleur rose avec peu de cristaux, mais à la roche de Vergisson, le refroidissement n'est pas si rapide car on y trouve des phénocristaux, témoins d'un refroidissement plus lent. Le microgranite est une roche ignée intrusive qui s'est refroidit un peu plus lentement que la rhyolite et qui est constitué d'une multitude de petits cristaux dont les feldspath roses.
A la fin de l'ère primaire, au Permien, vers -250 millions d'années, la chaîne Hercynienne est totalement érodée jusqu'au socle rhyolitique et granitique et se transforme en pénéplaine, c'est à dire en un terrain presque plat à faible relief.

Affleurement de socle rhyolitique à Verzé (71)

Affleurement de microgranite rose à Emeringes (69)
  1. L'ère secondaire

Au Secondaire, au milieu du Trias, la Pangée, supercontinent au milieu des océans, loin des pôles, traversé par l'équateur, avec des températures chaudes, se sépare en deux et forme le Gondwana (Amérique du Sud, Afrique, Inde, Australie, Antarctique) et la Laurasie (Europe, Asie, Amérique du Nord). Ce supercontinent possède une mer arrondie très vaste autour de laquelle se trouvent le Gondwana, la Laurasie, la Sibérie, la Chine du Nord. Cette mer ne cesse de diminuer de taille parce que le Gondwana remonte vers l'Europe. La future Roche de Solutré est dans cette mer sableuse, la Paléotéthys. Cette mer contient du sable quartzique qui par sédimentation se transformera en grès quartzique.
Trias versicolor : Pruzilly (71)
Grès quartzeux blanchâtre
Marnes rouges

Marnes jaunes

Marnes vertes avec des passées gréseuses blanchâtres
Marnes rouges

Puis au Jurassique inférieur et moyen, au même temps que le futur Océan Atlantique sépare l'Amérique du Sud de l'Afrique, alors que la Téthys s'ouvre et devient le futur Océan Pacifique à cause de l'expansion des terres, elle se referme au niveau de la méditerranée parce que l'Afrique et d'autres terres accolées se rapprochent du sud de l'Europe, ce qui donne lieu au Bassin Néotéthys.
Pendant le Jurassique inférieur, dans ce milieu lacustre se déposent au Jurassique inférieur des calcaires à grain fin, des marnes et du calcaire à Gryphées. Une gryphée est une huître en forme de Gryphes, il y a -190 millions d'années, elles peuplent en grande quantité le fond du Bassin Néotéthys, à leur mort elle deviennent les fossiles stratigraphiques caractéristiques du Sinémurien. Puis au Pliensbachien c'est au tour des bélemnites, des mollusques céphalopodes ressemblant à des seiches de proliférer dans ces eaux. Et au Toarcien plus de 300 espèces d'ammonites apparaissent.
Hettangien: Calcaire sublithographique à grain fin, Vallée de l'Azergues (69)Sinémurien: Calcaire à Gryphées, Vergisson (71)Pliensbachien: Belemnites, Espace Pierre Folles, Saint-Jean-les-Vignes (69)Toarcien: Ammonites origine: Monts d'Or, Espace Pierre Folles, Saint-Jean-les-Vignes (69)

Pendant le Jurassique moyen, des animaux marins, les crinoïdes et les cnidaires construisent des massifs coralliens. Les fragments de squelette calcaire des crinoïdes, bras épineux et tige, se retrouvent dans le calcaire à entroques. Et les formes géométriques du squelette calcaire externe des colonies de coraux, aussi appelés polypiers, se retrouvent moulées dans le calcaire à polypiers. Ces massifs coralliens se situent en bordure de la lagune car à l'ouest de Lyon, on a des terres qui sont restées émergées pendant le Jurassique, dans une mer peu profonde, et certains ont résisté à l'érosion et on donné les monts actuels dont la Roche de Solutré, celle de Vergisson et le Mont de Pouilly.
Bajocien moyen-Aalénien supérieur: Calcaire à entroques, Roche de Solutré (71)Débris de crinoïdes, au microscope, Espace Pierre Folles, Saint-Jean-les-Vignes (69)

Alors que la partie allant de l'Aalénien au Bajocien inférieur et moyen est très visible, la partie qui a été érodée sur les monts commence au niveau du Bathonien inférieur et se termine aujourd'hui. Il s'agit de marnes, calcaires et argiles pour la fin du Secondaire. Argiles, calcaires, sables et silex pour le Tertiaire, et enfin alluvions et éboulis pour le Quaternaire.

  1. L'ère tertiaire

A la limite du Secondaire et du Tertiaire, non représenté par les sédiments du Mâconnais, il y a 65,5 millions d'années, il se passe l'Extinction Crétacé-Tertiaire des dinosaures terrestres. Ainsi au début du Tertiaire, les survivants qui vont peupler en grand nombre les terres sont les mammifères et les oiseaux. Par ailleurs le nombre d'insectes décroît. L'Afrique qui ne peut pas aller vers l'Est à cause de l'expansion de l'Océan Indien, remonte vers le Nord, se rapproche de l'Europe pour donner naissance à la mer Méditerranée et aux Alpes, l'Inde se détache de l'Afrique et migre en Asie pour créer l'Himmalaya et l'Australie se détache de l'Antarctique.
La subduction de la plaque océanique africaine sous la plaque continentale européenne commence au Secondaire, à la fin du Crétacé inférieur vers -100 millions d'années, se poursuit au Tertiaire avec la collision entre les deux plaques continentales à l'Eocène vers -35 millions d'années ce qui provoque des plis et des nappes de charriage sur les couches existantes. Malgré cela une partie de Néotéthys a subsisté et est devenue la mer Méditerranée au Quaternaire. Les couches plissées sont reconnues par leurs formes ondulées sur les cartes géologiques. Les Nappes de charriage sont des couches géologiques qui se sont décollées en partie ou totalement du socle et qui se sont déplacées sur de longues distances. Le phénomène de subduction et d'orogenèse alpine continue jusqu'à aujourd'hui. De la Méditerranée niçoise jusqu'en Slovénie, en passant par Monaco, l'Italie, la Suisse et l'Allemagne, et l'Autriche, les Alpes s'étendent de nos jours sur plus de 1200km.
Autour de la Roche de Solutré, entre l'Eocène et le Miocène les argiles de Blany et la formation détritique de Verchiseuil se déposent dans un milieu lacustre, mais à partir du Miocène, la formation des Alpes se fait sentir et on passe peu à peu d'un milieu lagunaire à un milieu continental dans tout le Mâconnais-Beaujolais, y compris à Saint-Jean-les-Vignes. Le conglomérat calcaire de Saint-Pierre-de-Lanques présente d'après la notice géologique de mâcon des terrains issus de « l'érosion des séries jurassiques mises à jour par la tectonique cassante », et il est souvent en discordance, c'est à dire il subit des pressions différentes des pressions subies par les séries antérieures, bien qu'il contienne encore des fossiles marins. Par contre le lac, probablement salé ou le bras de mer disparaît totalement pendant le Pliocène qui ne contient que des argiles azoïques.
Cette tectonique cassante consiste d'après le site web solutre.com, dans l'article intitulé « deux éperons rocheux », en la fracturation des terrains principalement dans la direction « nord – nord – est / sud – sud - est » et on peut aussi noter l'effondrement du bassin de la Saône qui devient par ce fait la Bresse, et l'élévation de plateaux à l'ouest qui ensuite « basculent vers l'est (ligne de cuestas Solutré – Vergisson – Montsard) », ce qui lessive, fait disparaître les sédiments du Crétacé.

Crédits: Image tirée de R. Scotese, Christopher, The End of the Dinosaurs, modifié en 2001, consulté en 2010, http://scotese.com/K/t.htm photo 066.jpg

  1. L'ère quaternaire

L'ère quaternaire ou époque actuelle, commence il y a environ 2,6 millions d'années (en incluant le Gélasien) avec le Pléistocène pendant lequel l'Homo Habilis est devenu Homo Sapiens et l'Holocène pendant lequel l'Homo Sapiens s'est sédentarisé. Durant cette période se sont succédées six alternances de climat glaciaire et inter-glaciaire, la dernière glaciation a eu lieu pendant le Würm entre -80 000 et -10 000, c'est à dire à la fin du Pléistocène, au Tarentien moyen et supérieur.
Pendant tout le Paléolithique supérieur, entre -35 000 et -10 000ans, les Homo Sapiens ont chassé au pied de la Roche de Solutré des chevaux de race Equus caballus gallicus et Equus caballus arcelinidans dans un climat des plus froids. Les dépouilles de ces chevaux ont été ensevelis dans les éboulis du Quaternaire correspondant à une culture préhistorique baptisée le Solutréen d'après le nom de la Roche de Solutré.
Deux archéologues du 19ème siècle, qui sont également géologues, Henry Testot-Ferry et Adrien Arcelin, ont mis à jour une couche à ossements de chevaux d'un à deux mètres d'épaisseur, allant du Crot du Charnier emplacement à 103m de dénivellé situé au pied de la falaise de la Roche de Solutré à la Terre Souchal vers 390m de dénivellé. Cette découverte, a suscité l'écriture d'un mythe par l'un des découvreurs avec la publication du roman : Adrien Arcelin, Solutré ou les chasseurs de rennes de la France centrale, Paris, 1872, qui raconte que les chasseurs paléolithiques effrayaient les chevaux pour qu'ils se jetent dans l'abîme du haut de la Roche de Solutré. Cette histoire nous est présentée par le Musée départemental de Solutré comme un mythe très répandu chez ceux qui se posaient des questions archéologiques. Mais en réalité ils les attendaient au pied de la Roche pour les attaquer en embuscade avec des sagaies, armes de jet semblables au javelots.
Une des caractéristiques du Solutréen est la feuille de laurier. Il s'agit d'un biface en silex taillé en forme de feuille de laurier servant entre autres à dépecer la viande de cheval ou de renne. Celle-ci montre une technique de taille très attentive et retouchée.
Pendant l'Holocène, période interglaciaire, l'homme contribue au réchauffement de la planète, à la déforestation et à la re-découverte géographique, zoologique, botanique, archéologique, historique et géologique de sa planète.
Image 1 - Crédits: tirée de Musée départemental de Préhistoire - Solutré (communiqué), cartel : Feuille de Laurier, modifié en 2010, consulté en 2010, http://www.hominides.com/html/lieux/musee-prehistoire-solutre.php
Image 2: Magma de cheval, Musée départemental de Préhistoire de Solutré, cartel : Solutré (Saône et Loire), bloc de brèche ossifère prélevé en 1978 au Crot du Charnier (24 000ans avant notre ère).
Image 3 - Crédits: tirée de Tourette AM, Roche de Solutré, Google Earth, modifié en 2010, consulté en 2010, http://www.panoramio.com/photo/5531869