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Qu'est-ce que les Sciences du langage?

            La linguistique est une discipline qui fonctionne pareil à la culture japonaise, l'épistémologie des autres sciences qui portent sur le langage s'attend à une démarche totalement différente de la part de la linguistique. Il y a un choc culturel, la règle chez les autres devient l'inconcevable chez nous et vice-versa. Toute l'épistémologie des sciences se trouve de ce fait bousculée, radicalement changée. Le détachement du sujet face à son objet d'études devient le détachement du sujet face à son miroir. L'attachement maladif du sujet pour son outil d'analyse devient le détachement du sujet pour son outil d'analyse. La procédure de la preuve hypothético-déductive où l'objet d'analyse n'équivaut pas qualitativement à l'outil d'analyse, devient une description du fonctionnement où l'objet d'analyse s'identifie le mieux possible avec son outil d'analyse. Et ce qui était classé comme subjectif, devient objectif dans l'interstice. Un ébranlement total de nos valeurs traditionnelles de la science et de la langue, une autre culture de la systématisation, un nouveau pluri-linguisme où dans chaque langue "le sujet s'avance dans l'énonciation à travers des précautions, des reprises, des retards et des insistances dont le volume final (on ne saurait plus alors parler d'une simple ligne de mots) fait précisément du sujet une grande enveloppe vide de la parole, et non ce noyau plein qui est censé diriger nos phrases, de l'extérieur et de haut, en sorte que ce qui nous apparaît comme un excès de subjectivité (le japonais, dit-on, énonce des impressions, non des constats) est bien d'avantage une manière de dilution, d'hémorragie du sujet dans un langage parcellé, particulé, diffracté jusqu'au vide." (Barthes R., L'empire des signes, La langue inconnue, p.16)

            Le pluri -linguisme est dans la langue, pas dans les langues, dans une langue transcendant les langues, dans l'esprit de la langue, et est obtenu grâce à des formalismes en nombre toujours insuffisant, car tout le monde est déçu du fait qu'ils ne permettent de mettre en évidence ce que chacun de nous veut voir dans un langage particulier. Toutes ces langues, ces formalismes, ne sont pas innés comme le veut la tradition grammaticale, car il s'agit de langages inventés pour représenter l'essence de notre objet d'analyse. Leur innéisme universel n'est qu'une illusion d'optique dû à leur fonction identitaire. Il n'y a pas non plus de limite à leur néologie et la linéarité n'est qu'une vieille contrainte de la culture occidentale permettant la systématisation. Le temps et l'espace ne sont restés linéaires que en linguistique, et il serait temps d'avoir de meilleurs modèles de l'espace-temps pour expliquer les systématisations.

            Les formalismes se recoupent car les auteurs s'inspirent les uns des autres, mais ne sont pas ordonnés hiérarchiquement, comme le laissait croire l'ancienne tradition grammaticale avec une pyramide du type: niveau phonologique, niveau morphologique, niveau syntaxique, niveau sémantique, niveau discursif, car le formalisme a pour but de changer la forme de l'objet d'analyse, sa structure, son découpage primaire, ce qui fait que comme au Japon, le formalisme forme une ville où le centre-ville est vide. D'après Roland Barthes, les villes en occident sont toutes concentriques, avec un centre-ville où tout le monde va pour rencontrer la civilisation et se ressourcer, alors que au Japon le centre-ville est vide, c'est un anneau qui oblige continuellement la circulation à s'y détourner "Toute la ville tourne autour d'un lieu à la fois interdit et indifférent, demeure masquée sous la verdure, défendue par des fossés d'eau, habitée par un empereur qu'on ne voit jamais, c'est-à-dire, à la lettre, par on ne sait qui. Journellement, de leur conduite preste, énergétique, expéditive comme la ligne d'un tir, les taxis évitent ce cercle, dont la crête basse, forme invisible de l'invisibilité, cache le "rien" sacré". (Barthes R., L'empire des signes, Centre-ville, Centre vide, p.50)

            Les Sciences Du Langage forment alors un univers infini de connaissances sur le langage, en expansion constante et continue, sans un début, sans une fin et sans un centre gravitationnel. Tout objet d'analyse qui peut être considéré comme un langage, peut être étudié par les Sciences Du Langage, la seule Science au monde de type diffus qui ne l'étudiera pas comme vérifiant à des lois déterminant ce qu'est ou ce que n'est pas un langage, mais cherchant ce que Chomsky appelle "les principes abstraits qui gouvernent sa structure et son emploi" (Chomsky N., Réflexions sur le langage, La capacité cognitive, p.12)

Françoise Del Socorro, étudiante en linguistique, (2006)

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Mes publications en Sciences du Langage

J'ai toujours été passionnée par les sciences de la vie et de la terre, ce pourquoi mes attentes sur la discipline diffèrent de celles d'un amateur de romans. Pour moi une science a besoin de moyens techniques non pour la diriger mais pour être utilisés dans le but d'une prise de recul par rapport aux hypothèses en vigueur, a besoin de problèmes à résoudre afin de pouvoir créér sa propre histoire, c'est à dire raconter au public ce qu'on cherche, et évoluer dans ses idées, et a besoin de se rendre compte que le chercheur qui découvre tout seul une étoile dans son laboratoire, ne peut exister, et n'a sans doute que pu exister à travers l'écriture médiatique. Donc il y a de gros progrès à faire dans ces 3 sens, avant de dire qu'on fait des " sciences ".

  1. Etude des intéractions langagières en boulangerie du point de vue du langage de mes chats, Del Socorro F., 2003
  2. Essai de philosophie sur la subjectivité en tant que langage ou en tant que sujet, Del Socorro F., 2005
  3. Analyse des néographies à partir d'un extrait de tchat annoté, Del Socorro F., 2005
  4. Annexe pour: Analyse des néographies à partir d'un extrait de tchat annoté
  5. Sur le nouvel essai d'interprétation historique de la légende et la référence au personnage de Clotilde, Del Socorro, F., 2005
  6. Comparaison entre un automate et un arbre, Del Socorro F., 2008
  7. Comment écrire en API sans changer la configuration de votre ordinateur, Del Socorro F., 2008
  8. La vie des bouchons sur le web, Del Socorro F., Fol H., 2008
  9. Phonétique sur R, Del Socorro F., 2008
  10. La langue n'est pas un long fleuve tranquille 1: Comparaison morpholexicale du vocable potentiel dans le domaine de la biologie cellulaire entre le Français et le Portugais, Del Socorro F., 2009
  11. La langue n'est pas un long fleuve tranquille 2: Comparaison morpholexicale du vocable potentiel dans le domaine de la biologie cellulaire entre le Français et le Portugais, Del Socorro F., 2009
  12. Programmes informatiques visant l'extraction automatique de mots en contexte afin de recueillir un corpus en quantité sur internet, Del Socorro F., 2009

Mes conseils de lecture en Sciences du Langage

Il n'y a pas grand-chose sur internet, de plus les monographies destinées à l'enseignement au public, n'ont pas une durée de vie très longue, donc les ouvrages d'introduction à la linguistique que j'ai achetés chez Armand Colin, ne seront pas les mêmes que les votres.

Donc il y a deux sites majeurs où chercher, le premier nous renseigne les ouvrages à emprunter et le second les .pdf gratuits qui ne sont pas publiés sur support papier.
http://www.sudoc.abes.fr/
http://www.persee.fr/

Mais je pense que le minimum à lire comme introduction à la linguistique, reste Ferdinand de Saussure, bien que cela doit bien faire un siècle que les langues mortes comme méthode de recul en grammaire (phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, analyse du discours) ont été supplantées par les métamathématiques: logique des prédicats, automates de lecture, arbres et graphes, etc. L'informatique n'étant pas un outil cognitif, mais une invention issue de la réflexion métamathématique, ne peut pas être considérée comme pouvant apporter du recul pour l'analyse grammaticale. Non, il faut considérer l'informatique comme un outil adjuvant dans le questionnement sur la langue, et la mise en valeur des langues et savoirs. Donc il y a aussi du progrès à faire dans ce sens-là.

  1. Cours de Linguistique générale, Saussure F., 1916
  2. Course in General Linguistics, Saussure F. (edited by Charles Bally and Albert Sechehaye, translated by Albert Reidlinger), 1959
  3. Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes, Saussure F., 1879
  4. De l'emploi du génitif absolu en sanscrit, Saussure F., 1881
  5. Recueil des publications scientifiques de Ferdinand de Saussure, Saussure F. (par Charles Bally et Léopold Gautier), 1922