Sur le nouvel essai d'interprétation historique de la légende et la référence au personnage de Clotilde d'après Ferdinand de Saussure.

Del Socorro Françoise, 2005

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Le récit épique nous apporte un témoignage des faits historiques qui à première vue nous semblent désordonnés et remplis de symboles, mais qui accorde plus que l'on n'y espérait une attention particulière aux faits historiques. Dans cet exposé, on ne s'intéressera pas aux symboles bien qu'on puisse dire que Clotilde n'est ni le symbole de la chute du royaume Burgond ni le symbole de la femme idéale élevée en Sainte par l'église même si la représentation populaire inconsciente des faits en est restée là, parce que la symbolisation vient de notre interprétation personnelle, et n'était pas supposée en être une lors de la composition du poème, qui a pour but de transmettre les faits tels qu'ils étaient supposés avoir eu lieu, mais à la façon dont Clotilde a été référée, connotée, et dénotée par la légende par rapport à l'Histoire.

Saussure suppose qu’il n’existe pas de coïncidence parfaite entre l’ histoire et la légende historique, mais que sans pour autant se placer du point de vue du poète, on peut peut-être y trouver une source d’informations manquantes à l’histoire en grande abondance, à moins que ce ne soit qu’une invention de l’esprit, mais la légende du Nibenlungenlied est un exemple de légende populaire puisée dans la version contemporaine des faits nous offrant ainsi une concordance curieuse entre les noms: Sigebert et Brunehaut dont les liens parentaux ont été disloqués, transposés dans la légende sous la forme de mari et femme, alors que dans l’histoire, de l’histoire à la légende les noms ont été transposés, Brunehaut désigne Clotilde et fut sa belle-sœur ennemie et non sa femme, mais également une concordance entre les évènements : mort de l’oncle Clotilde, Godegisèle, de son beau-frère, Sigismond, de son fils, Clodomir puis de la dynastie Burgonde, où tous appartiennent à la même famille royale, et s’entretuèrent pour l’héritage sous les conseils de la princesse Burgonde Clotilde, qui pourtant dans la légende se déroulent en plusieurs journées en une même ville comme une seule catastrophe alors que dans l’histoire ceux-ci eurent lieu à plusieurs endroits à plusieurs époques différentes et que au niveau du récit des catastrophes burgondes, il s’écoule 34ans entre la mort de Godegisèle en 500 et la défaite des Burgondes à Autun en 534.

On peut distinguer quatre poèmes connus de façon hétérogène pour la légende. Le Grand Poème 1 ou le Poème de Clotilde est absent de la légende norroise, il raconte la jeunesse de Clotilde sous le nom de Kriemhild personnage unique dans l’histoire, présentée sous les traits de trois personnages dans la légende en général, elle passe sa jeunesse en retraite sous la protection de son oncle Godegisèle, alors roi de Burgondie, d’abord déprimée, en détresse après avoir vécu l’assassinat de son père Hilpéric qui fut blessé à mort par le glaive de Gundebad, frère de ce dernier, tandis que plusieurs membres de sa famille furent jetés dans le Rhône au même moment, est une princesse Burgonde qui fut désignée comme étant à l’origine de la chute du Royaume Burgond, traditionnellement partagé par les membres de sa famille, comprenant Genève et Lyon, pendant l’époque mérovingienne, tant par l’histoire, où le narrateur se place du point de vue du patriotisme Burgond, comme dans les différentes versions de la légende du Nibelungen, Pidreks saga, Sud-Allemand, etc. sauf pour la version Norroise où le Grand Poème 1 et sa liaison avec Godegisèle ne son pas connus, qui relatent le sentiment de trahison envers « un rejeton de la race royale de Gibica » p.365, contre les siens, ses « frères » de sang, où les identités féminines de Clotilde iront par la suite, dans les autres poèmes, où les identités féminines de Clotilde iront par la suite, dans les autres poèmes, pousser les membres de sa famille royale les uns contre les autres jusqu’à faire épuiser les héritiers mâles indésirables du royaume et à le faire chuter.

La confiance que lui porte sa famille en ces moments de détresse, elle les passe à moitié vouée à la religion, à moitié p.365 « attentive à se concilier par l’argent des amitiés contre sa propre famille. » Clotilde n’ attend pas pour être stéréotypée comme « notre perfide et perpétuelle ennemie » p.365 et même l’historien Grégoire de Tours retrace Clotilde en gardant ces connotations teintées de patriotisme Burgond contre son personnage, et n’essaye pas de dégager la neutralité des faits au niveau psychologique, comme si on était dans un tribunal et qu’il allait de soi qu’elle vivait dans une insatiable soif de vengeance contre les siens pour une raison restée obscure en respectant le on-dit populaire de la légende qui sympathisera avec Sigéric et Gondieuque dans les deux prochains poèmes : II Le poème de Gondieuque et Sigismond / III Le poème de Sigéric et Sigismond / et considère depuis le début Clotilde comme une femme Burgonde qui trahi les Burgonds, et qui ne méritera plus son sang royal comme Brunehilde qui fut une aventurière et une femme avec une infériorité de naissance parce qu’elle avait une plus grande distance de naissance par rapport à la première femme de Sigismond, « fille de Théodoric-le-Grand », était sans mesure et que la seconde femme provoquait des sentiments de haine chez les Burgondes restés ariens. » p.379, il n’y a pas alors non plus de neutralité au sujet de la référence aux évènements à la fin du Grand Poème I où conter le récit des TRAHISONS DE CLOTILDE est synonyme de raconter les CATASTROPHES NATIONALES des BURGONDES.

Ce récit de la chute du royaume burgonde commence par le mariage de Clotilde avec Clovis, cette alliance avec un prince païen est vue de mauvais augure de la part de sa famille qui place beaucoup d’objections, mais malgré tout elle va chercher son problème à la frontière du royaume étranger, elle fait un long voyage pour rencontrer Clovis à la frontière de son royaume, or dans la légende norroise islandaise où Clotilde est absente parce que le Grand Poème 1 n’est pas connu, on entend tout de même parler de ce voyage de fiançailles sous le nom de Gondieuque, et après cette longue démarche qui rend le chapitre assez épais, elle se marie finalement avec Clovis en 495 et la dynastie Burgonde commence à s’écrouler sous ses pieds, comme si ce mariage avait provoqué le début chronologique de la chute du royaume Burgond vers le bas de sa montagne, là où commence véritablement le récit des catastrophes nationales des Burgondes, aussi appelé les trahisons de Clotilde car Clotilde laisse périr son oncle Godegisèle après l’avoir excité contre son frère Gondebaud en se ralliant avec les propres responsables du meurtre de sa famille, énoncé en tant que drame familial.

Chronologie des évènements historiques relatés dans la légende d'après les notes de Saussure
???D’après la loi Burgonde, le territoire et la puissance royale sont partagés entre fils.
???Extinction des trois frères de Gundebaud et de leur famille par un parti Burgond.
473Gondebaud roi de Burgondie pendant 43 ans.
???Loi Gombette.
???Gondebaud tue Hilpéric père de Clotilde.
478?-492Jeunesse de Clotilde dans la royauté de son oncle Godegisèle.
495 ?Naissance de Sigéric fils de la première femme de Sigismond elle-même fille du Grand Théodoric d’Ostrogothie.
495Mariage de Clotilde avec Clovis, roi des Francs, début du Grand Poème I.
500Mort de Godegisèle précipitée par Gondebaud et abandonnée de Clotilde ayant rejoint un parti Burgond.
508Sigismond semble avoir prit part à la guerre contre les Visigoths, Sigéric a au plus 13 ans.
???Mariage de Gondieuque (fille de Gondebaud de Burgondie et sœur de Sigismond) avec Clodomir roi d’Orléans (fils de Clovis et Clotilde).
516Sigismond roi de Burgondie par Gondebaud.
520Mariage de Svavegotte (fille de Sigismond et sœur de Sigéric) avec Théodoric roi d’Austrasie et d’Auvergne (fils de Clovis) et début des poèmes II et III.
522Mort de Sigéric soit assassiné dans son lit par Guthormr soit après avoir été enivré sous l'ordre de son père le roi Sigismond sous l'influence de sa seconde épouse sans nom.
523Mort de Sigismond de Burgondie à Orléans assassiné par Clodomir.
523Godomâr succède à Sigéric à cause de sa mort.
???Mort de Clodomir à Véseronce assassiné par le parti Burgond.
534Défaite de toute la dynastie burgonde à Autun.

L'histoire des mérovingiens a donné lieu à des représentations artistiques et sociales de deux Clotildes, l'une Sainte portant le nom de Sainte Clotilde, l'autre criminelle portant les noms de Frédégonde et Brunehaut. D'après Vallet F, De Clovis à Dagobert, les Mérovingiens, Brunehaut et Galswinthe sont sœurs (et belles-soeurs), d'après le seul témoignage de Grégoire de Tours, évêque de Tours de 573 à 594, promu au siège épiscopal par Sigebert, pour qui la famille des rois Francs sont les instruments de Dieux, l'une est belle et a de bonnes manières pour l'époque, et l'autre n'est pas très demandée, Sigebert en épousant la princesse wisigothique Brunehaut s'attire la jalousie de son frère Chilpéric qui bien qu'étant déjà marié avec d'autres épouses dont la terrible Frédégonde, demande la main de Galswinthe mais regrette d'avoir du renvoyer Frédégonde qu'il aimait tant et ses autres femmes pour pouvoir l'épouser parce qu'elle était catholique, et l'étrangle de répulsion par la suite puis épouse à nouveau la meurtrière Frédégonde. Comme le frère de Chilpéric, Sigebert conquiert une grande partie de son propre royaume et se fait proclamer roi à la place de celui-ci, Frédégonde décide de l'assassiner et fait armer deux soldats de couteaux empoisonnés et ensorcelés par elle. D'après les lois et les habitudes actuelles, on l'accuse non seulement d'avoir tué son beau- frère Sigebert, mais aussi un évêque de Rouen, Prétextat qui avait accepté de remarier Brunehaut à Mérovée, ainsi qu'un fils de Chilpéric et Audovère, Clovis, mais le témoignage est lui-même remis en cause par Chilpéric qui n'a pas aimé qu'il fasse courir des rumeurs sur sa femme, la reine Frédégonde.

La Sainte Clotilde est celle qui a souffert pendant son enfance, et qui fit baptiser Clovis comme premier roi Chrétien, d'après la Paroisse Sainte Clotilde, où le récit bien que connoté au début et à la fin du texte en faveur de la foi catholique semble apriori très objectif en ce qui concerne la description des deux caractéristiques religieuses de Clotilde, on retient l'assassinat de ses parents, dont son père Chilpéric II qui aurait dû régner avec son oncle Gondebaud d'après la tradition burgonde de partage des terres entre frères, "transformant ainsi le début de la vie de Clotilde en véritable tragédie", et la lente conversion de Clovis au Catholicisme, qui maintes fois, avait demandé l'aide du Dieu de Clotilde pour gagner ses batailles, et qui fut miraculeusement une fois entendu lors d'une lors d'une bataille contre les Alamans à Tolbiac, où il prononça cette phrase célèbre, "O Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et je croirai en toi, je recevrai le baptême", mais qui retourna ensuite sur ses mots, et n'accepta de se baptiser que plus tard, c'est "devant la ferveur d'une assemblée en prière auprès du tombeau de Saint Martin en novembre 498, qu'il décide enfin de se convertir. Son baptême aura lieu à Reims en 499."

Si la Sainte Clotilde était Frédégonde, le personnage serait très contradictoire, mais ce n'est pas impossible car d'après les moeurs de l'époque, les héritiers des grandes familles se tuaient entre eux pour contourner la loi du partage équitable des terres, qui aurait pu être une bonne loi, moralement, mais qui est souvent détournée au profit d'un sentiment de cohésion sociale pour le pays, ce qui implique une criminalité assez élevée. Si Frédégonde était Brunehaut, il aurait fallu connaître la valeur du mariage monogame à l'époque, puisque cela implique qu'elle aurait côtoyé Chilpéric après Clovis, devant lequel elle laissait transposer sa personnalité masculine et belliqueuse, avant de se marier avec Sigebert avec lequel elle était la douce et pieuse Brunehaut, pour ensuite revenir à Chilpéric en conservant d'abord sa personnalité féminine en tant que Galswinthe que celui-ci détestait, pour ensuite se changer en l'adorable instigatrice Frédégonde avec du sang royal dans les mains qui tuera Sigebert, son ancien époux ou amant, et le frère de son mari Chilpéric.

D'après Saussure F et d'après Vallet F, les témoignages de l'évêque Grégoire en ce qui concerne le personnage de Clotilde, ne sont pas fiables, celui-ci avait l'habitude de dédoubler le personnage de Clotilde en ne peignant que une de ses faces à la fois, d'abord en la décrivant comme Kriemhilde (p.361), il est peu probable qu'elle fut "la furie animée de vengeance" telle qu'il l'a décrite, ensuite on ne sait pas s'il reprend en elle plutôt les contours de la légende en cours ou s'il se fie à la rumeur au lieu d'essayer de dégager la neutralité, alors que d'après Vallet F, l'époque mérovingienne bien que considérée à tord comme période obscure parce que soi-disant, par rapport à la civilisation romaine qui mettait les faits par écrit, on se fiait d'avantage à l'oral, alors que si peu de témoignages écrits nous ont été laissés c'est parce que il est difficile pour les chercheurs d'accéder directement aux textes écrits qui pourtant à l'époque étaient nombreux. Mais je pense qu'on peut se demander tout d'abord si même maintenant, sans connaître soi-même les faits historiques, si un témoignage écrit vaut autant qu'un témoignage oral à la télévision, et si deuxièmement, dans notre société la tradition orale ayant été plutôt perdue, car défavorisée par rapport à l'écrit académique, dans le temps n'y avait-il pas une méthode de transmission des informations fiable à l'oral, un moyen, mnémotechnique qui leur permettrait de faire passer les reportages d'un bout à l'autre du continent sans que il n'y ait pas plus de perte d'informations que l'écrit par un tiers de nos jours?

Bien qu'il y ait à première vue une tendance à l'unité dramatique pour la légende avec Clotilde comme personnage principal sous les traits de Brunehilde, Kriemhilde, Brunehaut, Frédégonde etc..., l'intérêt pour Kriemhilde n'est que historique, puisque un personnage comme Sigismond, assez fréquemment traité dans la légende, n'y est référé que pour sa contemporanéité historique avec les faits et bien que largement mentionné dans les poèmes II et III, il ne tient place que de personnage secondaire, de même, la simplification des faits, la commission d'un fratricide au lieu d'un parricide, pour des raisons peut-être psychologiques, et l'apparente concentration des années qui s'écoulent et des pays où se déroulent les évènements historiques en des journées d'action et en un seul lieu, sont dues à une négligence de la part du poète pour l'articulation générale des faits dans la légende, parce qu'il se focalise sur ce qui s'est réellement passé et sur comment ça s'est produit, en laissant s'agréger des suites de faits qui n'ont pas de rapport entre eux, puisque le but est comme dans le journal télévisé de réduire au minimum son oeuvre en n'énonçant que les informations à retenir, et la substance phonique n'étant pas rigide, p.155 (CLG), "ce n'est pas un moule dont la pensée doive nécessairement épouser les formes, mais une matière plastique qui se divise à son tour en parties distinctes pour fournir les signifiants dont la pensée a besoin.", la transmission du signifié peut donner lieu à des altérations morphologiques, Sigéric peut être compté comme Sigfrid, Sigurdur, Sigwart, etc. en désignant le même personnage avec quelques variations puisque le lieu de parenté avec Sigismond reste le même, et, en faisant coïncider la légende avec l'histoire, p.374 (sur lég.) "On ne trouverait même pas (hors de tout assassinat) un père nommé Sigismond dont le fils ait un nom commencé par Sigi-", non seulement la coïncidence de la similitude du nom est historique, mais aussi le lien de parenté avec Sigismond, et la langue ayant ici le rôle d'être l'intermédiaire entre la pensée et le son, le personnage historique et la forme de son nom, aide à délimiter réciproquement les unités grâce à des rapports de valeur, car c'est de la solidarité historique qu'il faut partir pour comprendre l'absence de fixité des nos propres dans la légende. Les noms propres, les caractéristiques essentielles d'un personnage, et les mots comme unités linguistiques sont dépendants des autres noms propres, des autres caractéristiques essentielles, et des autres mots qui l'accompagnent, on sait qu'avec 0,63 euros on peut s'acheter une baguette, mais on peut aussi s'acheter une bouteille d'eau au supermarché, de la même façon on sait que pour la société mérovingienne Brunehaut était p.43 (Vallet F) une ""jeune fille élégante de manières, jolie d'aspect, honnête et distinguée de moeurs", selon Grégoire de Tours", et n'avait pas d'équivalent dans les autres royaumes, on comprend que lorsque Tristan dans sa folie demande au roi Marc de lui donner Iseut en échange de Brunehaut p.76 (Tristan et Iseut) "elle entend la voix nasillarde demander au roi de lui être offerte en échange d'une soeur nommée Brunehaut", l'échange est négatif, parce que la reine Brunehaut représente tout ce qu'un roi mérovingien aurait voulu avoir, par rapport à Iseut qui n'est aimée comme la seule femme au monde qui ait une valeur sans précédent que pour Tristan qui la regarde aveuglément, et veut changer l'or contre la poussière, Brunehaut contre Iseut, on se rappelle que Brunehaut s'est mariée avec Sigéric ce qui a déclenché la jalousie de son frère Chilpéric, qui a demandé en mariage sa soeur Galswinthe, en renvoyant toutes les autres femmes, et s'étant rendu compte que Galswinthe n'avait pas autant de valeur que Brunehaut, il l'a étranglée, comme attendu pour l'époque et s'est remis avec Frédégonde alias Brunehaut, parce que personne n'a plus de valeur que Brunehaut, et il faut être fou pour vouloir échanger Iseut caricaturée comme sa "soeur" Galswinthe avec Brunehaut, c'est là que l'on voit que par rapport à la société Tristan est malade d'amour, et que le concept de valeur est lui-même relatif, pour la société mérovingienne c'est Brunehaut qui est belle, pour Tristan c'est Iseut qui est belle, et ce n'est qu'en sa compagnie qu'elle est Iseut, ainsi Gîselher n'est Godegisèle qu'en la compagnie de Kriemhilde, et Sigéric n'est Sigéric qu'en tant que vils de Sigismond, Gunther n'est Sigismond qu'en tant qu'il pleure son assassinat en étant lui-même l'assassin. Donc pour les noms propres comme pour les noms on a un peu p.377 "basé l'identité sur des choses indépendantes du NOM." qui servent de repère pour savoir de qui on parle, mais on a aussi considéré qu'une unité nominale n'a pas à être fixe pour être comprise, parce que non seulement plusieurs noms dissemblables peuvent avoir la même valeur en contexte, mais aussi on peut trouver des similarités de forme ou de référent à propos de plusieurs noms désignant la même personne, ainsi Sigfrid, Sigurdr et Sigwart évoquent morphologiquement Sigéric parce que tous ces noms commencent par Sigi- mais aussi on ne saurait trouver dans les annales de l'histoire un fils d'un certain roi Sigismond commençant par Sigi-, autre que Sigéric, et il n'existe qu'un seul nom royal de Sigismond, et que deux noms royaux de fils commençant par Sigi- attestés par l'histoire, d'où on peut déduire assurément que c'est de Sigismond de Burgondie mort en 523 dont on parle, et authentifier Sigebert par Sigéric de Burgondie assassiné en 522, plutôt que par Sigebert d'Austrasie, assassiné à Vitry, en l'an 5, dont la date ne concorde pas. D'où p.377 "la transmission légendifère accorde au nom juste autant de fixité ou d'abscence de fixité < et justement autant d'importance ou d'insignifiance > qu'à n'importe quelle autre composante d'un personnage" parce qu'elle s'attache à la valeur du nom pour l'histoire, donc l'histoire en elle-même n'étant pas très fiable à l'époque, la légende historique possède dans son fond une recherche de concordance des faits historiques même si elle a besoin d'être versifiée pour mieux être retenue en mémoire et pour plus être écoutée.

Ensuite les témoignages de Grégoire sont retravaillés à son profit, ainsi on voit que l'église catholique accepte en certains points que Kriemhild soit Clotilde, parce qu'elle joue la figure de la martyre en priant Dieu, parce qu'elle a fait baptiser Clovis dans la religion catholique, et parce qu'elle a écarté la religion Ariane du pouvoir, prêchée par le prêtre Arius qui supposait une différence entre le Fils et le Père dans la trinité en niant ainsi la divinité de Jésus, mais elle n'est pas Kriemhild en ce qui concerne l'affaire du Rheingold, dont l'interprétation dépend de l'époque, pour les mérovingiens avoir un trésor royal appelle sur soi la ruine, et, de ceux qui l'interprètent, d'après moi donner directement de l'argent aux pauvres c'est leur permettre de tomber dans la drogue et la cupidité, et donner de l'argent aux riches a le même effet puisque ils sont emmenés à être corrompus par celui-ci, car pour les pauvres comme pour les riches, l'argent c'est le pouvoir et devrait leur promettre de s'acheter le bonheur, mais comme l'un ne parvient pas à acheter son bonheur parce qu'il n'a pas d'argent et que l'autre ne parvient pas à acheter son bonheur même en ayant de l'argent, la plupart d'entre eux soit tombent dans la drogue, soit se lient les uns contre les autres pour avoir plus d'argent, et se tuent allègrement, donc pour moi ce n'est pas une bienfaisance que de partager de l'argent "équitablement". Et l'on remarque que à l'époque mérovingienne, le partage équitable des terres entre frères, a le même effet, on se partage la terre pour se tuer après.

Enfin, d'après Saussure, Grégoire n'a pas beaucoup écrit sur les Burgonds et à première vue, "< revoir >" p.367, les renseignements qu'il offre au sujet des Burgonds dans ses quelques chapitres ne sont pas très précis, et même Vallet E semble ne pas croire que les parents de Clotilde furent assassinés par son oncle l'arien Gondebaud, puisque son histoire est trop sinistre, et je pense que Sigebert ne semble pas être décrit par elle comme étant arien, puisque c'est lui qui promoit Grégoire au siège épiscopal, à moins que sous la même église catholique, deux sous-religions fussent en contradiction, ce qui n'est pas de mon ressort, mais qui n'est pas impossible étant donné que c'est le début de l'expansion du christianisme en tant que facteur de socialisation et de cohésion sociale pour l'empire Gallo-Romain, mais Sigebert est un héros pour le Libelungenlied en tant qu'arien, à moins qu'il ne se soit converti au catholicisme en se liant d'amour à Brunehaut, autre facette de Clotilde.

Ensuite peut-être que les amants de Brunehaut voulaient sanctifier Clotilde du fait que elle les a tous aidé à trouver la foi catholique sous Kriemhild épouse de Clovis, Brunehaut épouse de Sigebert, Brunehilde épouse de Sigismond, et Galswinthe/Frédégonde épouse de Childéric, mais qu'ils n'étaient pas tous d'accord sur la description de la facette du personnage qu'ils aimaient et que leurs récits contradictoires, a poussé Grégoire à démultiplier en autant de récits que possible le personnage de Clotilde pour ne déplaire à aucun Roi ni à l'Eglise Catholique.

Kriemhild, méritant ou pas d'être de sang royal Burgond, selon les propres burgondes, sans qu'on ne connaisse les faits, a peut-être souffert de la perte de ses parents, était catholique comme sa mère Caratène, et représente l'histoire des Burgondes, et de leur chute, puisque elle vit assez de temps pour voir mourir tous les membres masculins de sa famille, les héritiers légitimes royaux, dont on ne sait si elle fut vraiment l'instigatrice des crimes, ou s'il y avait une stigmatisation générale de sa famille vis à vis de Clotilde, puisque ils ne l'aiment pas depuis le départ, ont assassiné ses parents, et étaient contre son mariage avec Clovis dont elle a eu 4 enfants: Clodomir roi d'Orléans, Thierry roi de Reims, Childbert roi de Paris, et Clotaire roi de Soissons, qui n'étaient pas moins fratricides que les burgondes, puisque Childbert et Clotaire se débarrassèrent des fils de Clodomir après sa mort, et auraient pu croire qu'elle leur portait malheur et auraient inventé des mensonges pour la désacraliser comme coupable, pour la pointer du doigt comme ayant souffert psychologiquement ce qui implique forcément qu'elle voulait naturellement se venger, puisque au Moyen-Âge et pour les ariens, la vengeance vient de la souffrance, peut-être parce que c'est un sentiment psychologique non raisonné partagé par tous et facilement influençable par d'autres qui veulent vous transformer en le personnage dont on vous accuse et que vous n'êtes pas, on a de tout temps profité de la faiblesse des déprimés pour les faire agir comme si la décision des actions venait d'un sentiment intérieur sans qu'on ai besoin de les pousser vers la misère propre en les identifiant avec un personnage qu'ils ne sont pas, ainsi Clotilde est déchirée entre la prière et une envie de vengeance, toutes deux venant de l'effervescence sociale qui l'entoure, alors que pour l'église catholique et les gens qui sont aidés à revoir leur perspective d'avenir encore ouverte à toutes les possibilités, la souffrance vient de la foi et donne lieu au pardon, même si à l'époque ce n'était pas toujours le cas, et ce n'était pas l'habitude, Clovis n'a pas pardonné son soldat d'avoir brisé le vase de Soissons qu'il voulait je crois, restituer à l'évêque volé.

Brunhildr ne méritait pas d'être sur terre, c'est le côté plein de préjugés Burgonds de Kriemhild, dont Grégoire trouve que c'est son infériorité de naissance qui explique pourquoi Brunehilde est dans la Pidreks saga l'instigatrice qui donne à Sigebert, son beau-fils, une mort qu'il ne méritait pas en arrangeant une nouvelle partie de chasse afin qu'après il se fasse assassiner, dans son lit, et qui pour Vallet F est identique à Clotilde et à Frédégonde qui le fait poignarder sur le dos par des esclaves, c'est parce que dans ses gènes elle est beaucoup moins royale que la première femme de Sigismond, elle a une plus grande distance de sang avec celle-ci qui est la fille de Théodoric-le Grand, qu'elle fait penser à la concubine de Sigismond, sans sûrement ne jamais avoir été véritablement pour l'histoire sa deuxième femme, mais qui est tellement haïe par les Burgondes, puisque on se dit que les deux sont pareilles puisque aucune ne mérite, pour eux, même pas d'avoir un nom. Mais ces identifications sont exagérées, puisque dans la légende, cette meurtrière est tantôt la belle- mère de Sigéric en tant que Brunehild, tantôt sa femme en tant que Kriemhilde, et tantôt sa belle-soeur en tant que Brunehaut, en tout cas on joue sur sa parenté avec Sigebert pour la dénoncer comme ayant commis un meurtre grave contre sa famille. Par contre je pense qu'il y a des chances qu'elle ne soit pas sa belle-mère puisque elle fait penser à l'épouse de Sigismond mais ne l'est pas, ne soit pas sa femme puisque elle a pu côtoyer d'autres membres de sa famille mais être restée fidèle avec Clovis, ni sa femme car Sigéric n'était pas de sa tranche d'âge, et n'était pas non plus sa belle-soeur, car cela aurait impliqué que Sigéric se marie avec une de ses soeurs, Galswinthe, or Vallet F. nous raconte qu'il s'est marié avec celle qui d'après Saussure sera plus tard la régente Brunehaut, et ce fut son frère Chilpéric qui se maria avec Galswinthe en aimant Frédégonde, autant de personnages pouvant être des facettes de Clotilde. Mais si Clotilde s'était mariée avec Chilpéric (en tant que Frédégonde ou en tant que Galswinthe), elle serait sa belle-soeur, mais ce ne serait pas possible non plus car Chilpéric et Sigéric seraient ses petits-enfants. Peut-être que ce lien de parenté avec Sigebert a été exagéré pour l'écarter exagérément de la figure de la Sainte qu'elle n'était pas non plus.

Brunehaut s'est mariée avec Sigebert sous le nom de Kriemhilde. Mais avant était mariée avec Gunther qui désigne soit Sigismond d'où Sigebert serait son beau-fils, soit Gundebad, d'où Sigebert serait le "neveu de son mari" p.373, et av ait d'après moi une réputation de femme fatale, dans De Clovis à Dagobert, Les Mérovingiens, Sigebert est le fils de Clotaire, donc le petit fils de Clotilde, et non pas le fils de Sigismond, et Frédégonde étant mariée à Chilpéric et Brunehaut étant mariée à Sigebert sont deux belles soeurs qui se haïssent, mais Frédégonde, la mégère, coïncide avec Brunehilde puisque elle se remarie après la mort de Sigebert avec Chilpéric d'après Saussure ("La veuve de Sigebert se remarie" p.373), et que la soeur de Brynhildr s'appelle Bekkhildr et a un fils Asvidr dont le nom rappelle Galswinth, et d'un autre côté Brunehaut étant la magicienne qui a enchanté la lame qui tua Sigebert est Frédégonde, et étant plus tard la reine régente de Bourgogne est Brünhilde.

Donc Sigrdrifa, qui d'après moi rappelle Sigfrid est Kriemhild, donc est Clotilde et Frédégonde qui coïncide avec Brunhilde ainsi que Brunehaut qui coïncide avec Frédégonde pour le meurtre de Sigfrid est Clotilde encore. Et on ne peut vraiment pas établir la distance de parenté entre Clotilde et Sigebert, tellement Clotilde est à la fois désirée par tous et connotée par toutes celles dont on veut lui faire assumer la responsabilité des rumeurs meurtrières. Alors qu'il est plus facile de dire que Brunehilde coïncide avec Frédégonde en tant que femme désirée pour Sigéric et pour Chilpéric comme si cela pouvait créer une effervescence entre eux, il est plus difficile de dire que Kriemhilde est Brunehaut, parce qu'elles n'appartiennent pas à la même époque, Kriemhilde est la femme de Clovis et Brunehaut est la femme de son petit-fils Sigebert, donc sa grand-mère, cependant dans la légende Kriemhilde est poussée à être la soi-disant femme de Sigéric son beau-fils, ce qui réduit son âge, et rend acceptable le fait que Brunehaut soit la femme de son petit-fils Sigebert tout en étant Clotilde, de plus Sigéric est Sigebert et les deux reines Kriemhild et Brunehaut sont de naissance royale.
Bibliographie


Saussure F. (de), 2003, L'Herne, [La légende de Sigfrid et l'histoire Burgonde], p.360 à 384, Editions de l'Herne.
Saussure F. (de), 1995, Cours de linguistique générale, La valeur linguistique, p.155 à 160, Grande Bibliothèque Payot.
Dalle Nogare P. (version de), 1991, Tristan et Iseut, p.76, Librio, Texte intégral, Editions du Félin, Philippe Lebaud.
Vallet F, 1995, De Clovis à Dagobert les mérovingiens, Romains et Barbares, p. 18, De Clovis aux rois Fainéants (485-751), p31 à p.48, Gallimard, coll. Réunion des musées nationaux 2005.

Sainte Clotilde d'après la Paroisse Sainte Clotilde, construite le 30 Novembre 1857, à Paris.

La Paroisse Sainte-Clotilde située 23 bis, rue Las Cases, 75007 Paris a été créée en 1856 et fut inaugurée en 1857, les architectes de l'église sont l'architecte Jean-Nicolas Huyot (1870-1840), puis l'architecte d'origine allemande François-Christian Gaud (1790-1853), puis son jeune assistant Théodore Ballu, les sculpteurs de la façade sont François Gaud en 1851 et Théodore Ballu en 1854. L'auteur du site web et probablement du texte est le père Matthieu Rougé Curé de Sainte-Clotilde.

Adresse: http://www.sainte- clotilde.com/Basilique/clotilde.html

"Petite vie de sainte Clotilde

Clotilde naquit probablement à Lyon avant 475 dans une période de profonds bouleversements pour l'Europe entière. Elle était la nièce de Gondebaud, roi arien des Burgondes, dont le royaume était situé au sud-est de la France actuelle. L'ensemble des tribus germaniques avait embrassé l'arianisme, hérésie niant la divinité du Christ.

Le père de Clotilde, Chilpéric II, aurait dû, conformément au droit germanique, partager l'exercice du pouvoir avec le roi Gondebaud. Sa mère, issue d'un clan Burgonde ayant refusé le joug d'Attila et l'arianisme, était profondément chrétienne.

Le roi Gondebaud par peur des rivalités ordonna alors le sacrifice des parents de Clotilde, transformant ainsi le début de la vie de Clotilde en véritable tragédie.

Pendant ce temps, sur la rive gauche du Rhin, Clovis, qui règne sur un petit peuple, les Francs saliens, demeurés païens, commence une ascension spectaculaire sous l'oeil de ses alliés romains. Ainsi pour neutraliser le roi Gondebaud, son adversaire burgonde, il conclut avec lui une alliance en faisant demander en mariage sa nièce Clotilde dont le renom a survécu au supplice infâmant infligé à ses parents.

Clotilde fait venir avec elle des prêtres burgondes catholiques afin de ne pas être isolée dans sa foi. Leur mariage présente les caractéristiques d'un mariage chrétien (indissolubilité, monogamie) qui bouleversera le modèle matrimonial germanique.

Clotilde va alors jouer un rôle important dans la conversion de son mari, avec le concours de Saint Rémi, évêque, de Saint Vaast, ermite, et de Sainte Geneviève. Implorant souvent le secours du Dieu de Clotilde lors de ces batailles, les promesses de Clovis sont suivies de peu d'effet. C'est lors d'une bataillle à Tolbiac contre les Alamans, le roi Clovis en immense difficulté prononce ces paroles célèbres : "O Dieu de Clotilde, donne-moi la victoire et je croirai en toi, je recevrai le baptême".

Clovis tergiverse malgré tout, et c'est devant la ferveur d'une assemblée en prière auprès du tombeau de Saint Martin en novembre 498, qu'il décide enfin de se convertir. Son baptême aura lieu à Reims en 499.

La politique humaine et pacificatrice qu'il met alors en oeuvre sur les conseils de l'évêque Rémi, lui ralliera les populations gallo-romaines. Il faudra attendre près de deux siècles pour que la population franque soit acquise au Christ. A la mort de Clovis en 511, Clotilde, n'arrivant pas à gérer la succession entre ses fils, se retire dans un monastère près de Tours. Elle y meurt en 545 et sera enterrée aux côtés de son époux et de Sainte Geneviève dans la Basilique des Saints Apôtres Pierre et Paul à Paris (Basilique disparue depuis)." (Paroisse Sainte Clotilde)

Sainte Clotilde d'après la Paroisse Sainte Clotilde, construite le 30 Novembre 1857, à Paris.

La première image est celle de Sainte Clotilde et la deuxième celle de son mari Clovis.

Adresse: http://www.sainte- clotilde.com/Basilique/basiliqueHier/HistoriqueBasilique/statuaire-de-la- basilique-2.htm

Clotilde, l'assassin de Sigebert en 522.

Clotilde, l'anti-héroïne haïe des Burgondes et désirée des lecteurs comme grand-mère, belle-mère, belle-soeur ou femme de Sigebert, ainsi que comme Sainte, et rêvée comme la perfide instigatrice de ce meurtre où elle eu une influence plus dans la personnification du meurtre familial que dans la prise de décision par ses proches familiaux de le tuer, le vrai criminel pouvant être Sigismond son père qui voulait régner tout seul, alors décrit par la légende comme son frère, mais dont l'implication est contestée dans l'histoire en raison de sa soi-disant inertie, ou Godomâr, le seul suspect qui avait un vrai alibi, pouvoir finalement régner à sa place en 523.


Wallet E, Frédégonde armant les assassins de Sigebert, XIXème, Musée de la Chartreuse, Douai, tiré de 1995, Vallet F, De Clovis à Dagobert, les Mérovingiens, Découvertes Gallimard, coll. Réunion des Musées Nationaux d'Histoire.

Clotilde, l'assassin de Sigebert en 522.

Tiré de: Histoire de France et histoire dynastique, Les Mérovingiens, Assassinat de Sigebert I,
Bibliot hèque Nationale de France