A propos de l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis sur la papeterie de Moulin-Vieux.

Del Socorro Françoise, 2007

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Introduction

On s'intéresse à l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis sur l'histoire de Moulin-Vieux, une papeterie située dans la commune de Pontcharra dans le département de l'Isère dans la région du Dauphiné, qui produit de la pâte à papier et du papier. Cette usine papetière est un pôle économique important pour la ville de Pontcharra puisqu'il s'agit d'une entreprise de taille moyenne qui au milieu du 20ème siècle emploi plus de 200 ouvriers contre une cinquantaine dans la papeterie des Martinets et parce que elle est représentative du conglomérat des usines papetières et hydro-électriques qui se sont installés depuis le milieu du XIXème sur le cours de la rivière Isère dans la vallée du Grésivaudan pour bénéficier de sa force motrice. L'histoire que nous relate Jean-Pierre Borgis va de 1869 à 1989 et elle a été écrite sur la demande de Paul Escarfail en hommage à Pierre Escarfail, son père.
On exposera tout d'abord des aspects généraux sur l'ouvrage, puis on se demandera ce qui est mis en avant et comment dans le début du livre, le premier chapitre et la conclusion, et enfin on résumera un par un les chapitres de l'ouvrage.

Plan

I- Aspects généraux sur l'ouvrage

P.1

*L'auteur et les sources

p.1

*L'ouvrage en lui-même

p.2

*Le protagoniste de l'histoire

p.3

* Aspects géographiques de l'histoire de Moulin-Vieux

p.3

*Les autres produits de valorisation de Moulin-Vieux

p.6

II- Qu'est-ce qui est mis en avant et comment dans le début du livre, le premier chapitre et la conclusion ?

P.8

*Le début du livre

p.8

*Le premier chapitre

p.8

*La conclusion

p.11

III- Résumé de l'histoire de la papeterie de Moulin-Vieux entre 1869 et 1989 d'après l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis

P.12

Chapitre 1 - Orioli et la papeterie Sainte-Marie

p.12

Chapitre 2 - Henri Rochas et la papeterie Henri Rochas et Cie

p.12

Chapitre 3 - Pierre Escarfail et la papeterie de Moulin-Vieux - Société anonyme par actions

p.13

Chapitre 4 - Pierre Escarfail et la papeterie de Moulin-Vieux - Société en commandite par actions

p.14

Chapitre 5 - Pierre Escarfail et la papeterie de Moulin-Vieux - Société Anonyme par actions avec Pierre Escarfail comme principal actionnaire

p.15

Chapitre 6 - Paul Escarfail, Président Directeur Général et Gérard Escarfail Directeur Général et la papeterie de Moulin-Vieux

p.17

Chapitre 7- Paul Escarfail, Président Directeur Général, puis Patrick Aliboux, Président Directeur Général de la papeterie de Moulin-Vieux, une entreprise familiale

p.18

I- Aspects généraux sur l'ouvrage

*L'auteur et les sources

L'auteur de Moulin-Vieux: histoire d'une papeterie dauphinoise: 1869-1989, Jean-Pierre Borgis, a fait sa thèse sur "Charles Morel, constructeur à Domène (Isère). Histoire d'une entreprise de constructions mécaniques sous la troisième république (1894-1937)" sous la direction de Pierre Guillen, en 1987 à Grenoble 2. Il s'agit de l'histoire d'une entreprise familiale s'occupant de la construction d'équipements mécaniques pour les cimenteries, les usines à chaux à les mines dont le protagoniste est le self-made-man Charles Morel d'après le résumé. L'histoire de Moulin-Vieux présentée ici est en effet plutôt aussi l'histoire d'une entreprise familiale dont le protagoniste est Pierre Escarfail qui après avoir obtenu le poste de gérant d'une papeterie qui n'avait pas encore trouvé sa voie en 1888, a réussi à lui faire faire des bénéfices, ce qui donna la possibilité à ses descendants de la diriger.
Selon le responsable du service technique (entretien et travaux neufs) à Moulin-Vieux de 1959 à 1999, André Roche, l'ouvrage a été écrit parce que le Président Directeur Général de la société, monsieur Paul Escarfail, voulait "mettre de l'ordre dans ses archives" et pour cela il "a fait appel à JP Borgis pour les exploiter (réalisation du livre) et à cette occasion "trier" celles-ci." A la fin du livre p. 239, on nous apprend que avant que Jean-Pierre Borgis ne recense et dépouille entre janvier et décembre 1988 les archives pour réaliser son ouvrage, ceux-ci n'étaient pas du tout classés et étaient dispersés entre caves et greniers. Mais depuis 1989, le Président Paul Escarfail a aménagé un local spécialement conçu pour regrouper tous les archives de son histoire et a fait appel à une documentaliste professionnelle Mlle Isabelle Brazon pour les classer rationnellement et saisir le texte de Jean-Pierre Borgis.
En ce qui concerne les sources utilisées, elles sont de diverses natures et ne proviennent pas que des archives de Moulin-Vieux comme on nous l'apprend dans la rubrique "Remerciements" p.4, dans la "Conclusion générale"p.233 et dans la rubrique "Source et bibliographie" p.239. Certaines des sources écrites proviennent des Archives départementales de l'Isère et d'autres de la Bibliothèque Municipale de Grenoble. Parmi les sources utilisées, tout d'abord on a les témoignages oraux des responsables et du personnel de Moulin-Vieux, parmi ceux-ci on a les témoignages de Paul Escarfail, Président Directeur Général de Moulin-Vieux de 1940 à 1989 et ceux de Gérard Escarfail, Directeur Général de Moulin-Vieux de 1940 à 1979. Puis on a les sources travaillées: les commentaires et apports de Paul Escarfail après la lecture du manuscrit, les tableaux statistiques publiés à la fin de l'ouvrage et réalisés à partir des anciennes sources comptables, la version tapée de l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis qui a été réalisé par la documentaliste Isabelle Brazon. Puis on a les sources manuscrites comme les livres, les registres, les procès-verbaux, les fichiers, les rapports et les correspondances. Et enfin on a les sources imprimées comme les travaux sur Moulin-Vieux, les travaux sur la papeterie, les travaux sur l'industrie et l'économie régionale, les travaux d'histoire économique générale, et les articles de presse consacrés à Moulin-Vieux. A cela il faut rajouter les collaborateurs de Jean-Pierre Borgis comme Henri Morsel, Maître de Conférences d'Histoire Contemporaine à l'Université de Sciences Sociales de Grenoble et directeur de la collection "Histoire industrielle" dont l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis fait partie.

*L'ouvrage en lui-même

L'ouvrage nous présente l'histoire de la papeterie de Moulin-Vieux de manière imprimée sur support papier, l'histoire nous est racontée au présent de l'indicatif et à la troisième personne du singulier qui ne désigne pas toujours le gérant de l'entreprise mais qui désigne tout aussi souvent une description du point de vue de l'histoire économique du pays, de la région, ou de l'entreprise elle-même. Cet ouvrage est illustré de citations tirées de correspondances personnelles ou officielles, de rapports du gérant ou d'organismes politiques, ou d'autres sources, de photos des dirigeants, des bâtiments, des ateliers, de la machine à papier, de diverses machines et d'objets, de photos terrestres ou aériennes de la papeterie de Moulin-Vieux à une certaine époque, de cartes géographiques dessinées ou scannées de la France ou de la région, et d'outils numériques comme les tableaux statistiques et les graphiques.

*Le protagoniste de l'histoire

Le personnage central de cet ouvrage, celui qui est le plus mis en avant, est Pierre Escarfail qui permet à Moulin-Vieux de se placer sur le chemin de la prospérité économique après les deux faillites consécutives de l'affaire sous la gérance de Orioli puis de Henri Rochas.
Trois traits essentiels caractérisent sa personnalité au travers de la mise en pratique de sa politique d'autonomie énergétique et d'augmentation de la productivité.
Pierre Escarfail est tout d'abord l'homme qui transforme ses volontés en action, d'ailleurs l'"ELOGE FUNEBRE DE Pierre Escarfail" prononcée par Henri Thouvard des Papeteries de Renage et mise en annexe p.283 souligne le fait que "C'est que, ce que voulait Pierre Escarfail il l'exécutait. Un mot peut définir le tempérament de notre vénéré doyen: Un caractère - une volonté". Cela explique pourquoi il transforme les choix qu'il fait en action, lorsqu'il décide qu'il faut acheter un maximum de terrains possibles en bordure d'une chute d'eau qu'il veut aménager pour éviter d'avoir des problèmes en ce qui concerne les droits de riveraineté, il parvient à acheter ces terrains en les négociant au prix fort car son projet en vaut la peine et il les aménage comme prévu. Ce fut le cas des terrains de Pré-Crochet et de Détrier.
Pierre Escarfail est ensuite l'homme qui avance avec prudence dans les projets qu'il entreprend. D'ailleurs on nous explique qu'il ne réalise aucun investissement avant d'avoir une marge d'autofinancement suffisante et une gestion équilibrée car il procède p.91 "par étapes et avec force prudence". Avant de partir à la recherche d'un nouvel investissement, il économise de l'argent, puis il dote l'entreprise d'une plus grande force motrice, et enfin il accroît la capacité de l'appareil producteur de l'entreprise. En effet c'est lui qui a reconstitué le premier fonds de réserve de l'entreprise entre 1891 et 1898, ce qui lui a permit de financer l'atelier de défibrage à Pré-Crochet en 1894 et la transformation de Moulin-Vieux en une société en commandite par actions en 1899.
Enfin Pierre Escarfail est l'homme impliqué dans la société où il travaille car il s'investit dans des actions sociales qui sont en avance de plusieurs années sur la prise en compte économico-sociale des ouvriers par l'Etat. Par exemple il offre à ses employés un régime de retraite basé sur un système de cotisations de la part de l'entreprise pour le travailleur sans que celui-ci n'ait rien à payer, dix ans avant que l'Etat ne crée les "Retraites Ouvrières Paysannes". Et pendant la première guerre mondiale, il est le seul chef d'entreprise à avoir pratiqué des prix modérés pour ses clients, d'ailleurs les Imprimeries Réunies de Chambéry écrivent le 21 Mars 1922: "Vous êtes, à notre connaissance, le seul fabricant de papier à s'être conduit de façon correcte pendant la guerre envers sa clientèle". Et il a aussi plusieurs autres qualités humaines car il fait respecter ses ouvriers et les rémunère à leur juste valeur et en fonction du coût de la vie.

* Aspects géographiques de l'histoire de Moulin-Vieux

Situation géographique de Moulin-Vieux (Avenue du Dauphiné, 38530 Pontcharra) et des villes citées dans l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis d'après Google Earth 2007


Nom: Papeterie de Moulin-Vieux
Région: Dauphiné
Département: Isère (38)
Commune: Pontcharra
Adresse: 503 Av du Dauphiné 38530 Pontcharra

Vue Aérienne de Moulin-Vieux d'après Google Earth 2007


Vue Aérienne de Moulin-Vieux d'après Google Earth 2007


Vue Aérienne de Moulin-Vieux en 1969 d'après l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis


Situation géographique de Moulin-Vieux d'après l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis


*Les autres produits de valorisation de Moulin-Vieux

Mr. André Roche nous cite dans sa correspondance l'ouvrage de Paul Escarfail intitulé "Mémoires Papetières 1888 - 1989" dont il nous dit qu'il était édité en un petit nombre d'exemplaires sans éditeur, à la fin de l'ouvrage on a une liste de neuf sources imprimées sur Moulin-Vieux dont la plupart ont été écrites par Gérard Escarfail, celui-ci a surtout écrit sur les produits fabriqués et leur procédé de fabrication comme les papiers, les cartons et les pâtes de feuillus, mais il a aussi écrit sur la biographie de son père Pierre Escarfail. Mais on n'a pas l'ouvrage mentionné par André Roche. Le seul ouvrage de Paul Escarfail qui est cité dans sa bibliographie est un article de revue sur la papeterie en général, il s'agit du n°62 de la revue "L'Ingénieur" publiée au second trimestre de 1964, Gérard Escarfail a lui aussi publié un article dans cette même le revue. Sinon on a les articles de la presse locale comme ceux qui étaient apparus et ne sont plus disponibles sur le site web de France Bleu Isère:
"Moulin-Vieux 9 mois après
Benjamin Illy - 19/02/2007
En juin dernier, la fermeture des papeteries de Moulin-Vieux à Pontcharra laissait 93 salariés sur le carreau, mais apparemment pas sans espoir. Depuis une quarantaine d'entre eux à retrouver un CDI, une 10aine sont en contrat d'intérim et une 10aine s'est lancé dans la création d'entreprise. Par contre tous doivent oublier la papeterie.", les articles de la presse spécialisée gratuite ou payante comme l'article gratuit paru sur le site web de L'usine nouvelle : Le quotidien des usines:
"Le Moulin-Vieux, papeterie iséroise, va arrêter de tourner 28/06/2006
Social

Malgré les efforts de Jean-François Simon, le repreneur désigné en 2000 pour la relancer, l’entreprise Moulin Vieux, implantée à Pontcharra (Isère) va disparaître. Le groupe Adapack, désigné par le tribunal de commerce de Grenoble pour la reprendre, ne rachète, en effet, que la clientèle. Cette décision entraîne la disparition de l’usine et la suppression de 90 postes. Moulin-Vieux qui avait été placée en redressement judiciaire en mars dernier avait accumulé près de 10 millions d’euros de dettes à l’issue de l’exercice 2005 pour 23,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le groupe Adapack, spécialisé dans le papier couché une face pour l’industrie alimentaire, réalise environ 110 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 300 salariés.

De notre correspondant en Rhône-Alpes, Michel Quéruel", et les délibérations de l'économie locale qui ont lieu avec les Réunions du Conseil Municipal à la Mairie de Pontcharra, dans la rubrique consacré à l'"Economie" mais dont les textes nécessiteraient d'être consultés sur place car il y en a beaucoup trop pour être tapés et qui selon la Mairie de Pontcharra concernent:
"En ce qui concerne Moulin vieux (entreprise liquidée en juin 2006), le conseil municipal est intervenu
en 1999 et 2001 pour acheter terrains et immobilier
en 2001 pour la convention de mise à disposition du site
en 2006 pour la revente d'une petite partie de l'usine.
la liquidation a été traitée par le Tribunal de commerce.
", on a aussi un article de presse d'une revue associative, il s'agit du numéro 120 de la revue "Le courrier de la baleine" publié entre janvier et février 1999, où un lecteur Alec de Richemond a écrit un paragraphe sur Moulin-Vieux intitulé: "Produits verts: le premier papier labélisé "Environnement"" où il nous raconte que en 1999 Moulin-Vieux est une entreprise innovante en ce qui concerne les labels écologiques pour le papier. Et enfin on a l'ouvrage de Henri Morsel et Jean-François Parent sur "Les Industries de la Région Grenobloise" qui cite Moulin-Vieux dans le Chapitre III intitulé " La papeterie Grenobloise: A l'origine de la houille blanche.", p.89, p.98 et p.100.

II- Qu'est-ce qui est mis en avant et comment dans le début du livre, le premier chapitre et la conclusion ?

*Le début du livre

Avant l'introduction ce qui est mis en avant est le triple intérêt de l'ouvrage. Dans la rubrique "remerciements" rédigée sûrement par Jean-Pierre Borgis on met l'accent sur la préservation de la mémoire de l'entreprise familiale des frères Escarfail; dans la rubrique "Préface" rédigée par Paul Escarfail, l'un des dirigeants de l'usine, ce qui y est souligné c'est le rapport essentiel pour Jean-Pierre Borgis, Docteur en Histoire et Civilisation entre l'histoire économique et l'histoire de l'entreprise; et ce qui est reconnu dans la page solitaire numéro 8 c'est l'hommage à la mémoire du gérant innovateur, du premier propriétaire unique, du politicien socialiste, et du citoyen attaché à la patrie, Pierre Escarfail, suggéré par sa photo et par les titres de reconnaissance.
Dans l'introduction, ce qui est mis en avant c'est le rapport entre l'histoire interne des papeteries, les papeteries du Grésivaudan, l'économie régionale iséroise et l'histoire du monde papetier dauphinois. A travers l'énumération de pionniers régionaux dans l'industrie papetière au Grésivaudan tels Amable Matussière (1828-1901) et Aristide Bergès (1833-1904), et de villes en bordure de l'Isère comme Pontcharra, Lancey ou Domène.

*Le premier chapitre

Dans le premier chapitre intitulé "Aux origines de Moulin-Vieux", ce qui est mis en avant c'est le contexte historique du point de vue du rapport entre l'histoire et l'économie, le contexte géographique du point de vue du rapport entre la géographie et la houille blanche, le contexte technique du point de vue du rapport entre les découvertes technologiques et leur diffusion industrielle, et le contexte social du point de vue du rapport entre les entrepreneurs et la région du Grésivaudan, qui ont permis la fondation de Moulin-Vieux, une entreprise qui fabrique de la pâte à papier et du papier.
En ce qui concerne le contexte historique, tout d'abord on nous parle de la "Monarchie de Juillet" p.14 (1830-1848) qui fait référence à la restauration de la monarchie après Napoléon Ier avec le Duc d'Orléans, une période qui favorise la riche bourgeoisie, et les propriétaires, avec le développement du réseau ferroviaire, des routes et des canaux, et la création des caisses d'épargne en 1935, parallèlement à la paupérisation des plus pauvres. On nous apprend qu'elle lègue à l'industrie dauphinoise une période de "prospérité" p.13 et permet aux industries papetières de passer du "stade artisanal" p.14 à l'usine avec une plus grosse concentration de main d'œuvre paysanne en s'équipant de matériel technologique plus sophistiqué. Ensuite on nous parle du "Second Empire" p.13 qui va de 1851 à 1870 et qui commence par le développement de l'économie Française et par une période de renouvellement économique local: La vallée du Grésivaudan attire "par l'abondance de ses forces hydrauliques"p.13 les "hommes dynamiques et entreprenants" p.13 et qui finit par une crise économique (1857-1858) pour "la soierie et la métallurgie" p.13 accompagnée de grèves, mais pas pour le secteur de la papeterie "qui semble n'avoir que peu souffert" p.13. Et enfin on fait référence à l'histoire de la petite commune agricole de Pontcharra et à l'origine royale du lieu appelé "Moulin-Vieux" où "dès 1322, avait existé le moulin de Marguerite d'Avalon, fille naturelle du Dauphin" p.20.
En ce qui concerne le contexte géographique, on nous parle du " "miracle" de la houille blanche" p.13 sans nous définir le mot, en effet la houille blanche désigne l'énergie fournie par les chutes d'eau et utilisée pour faire tourner une turbine. Cette énergie peut depuis la diffusion de l'électricité comme énergie motrice transportable sur de longues distances peu après la découverte de sa transmission par fil en 1891 par Nikola Tesla, être convertie en énergie électrique. Ni nous dire que Aristide Bergès (1833-1904), ingénieur de l'école centrale, fut la première personne à employer ce mot et à diffuser le système technique de l'hydraulique au travers l'exposition universelles de 1889 à Paris. La villa et le parc de celui-ci sont devenus le Musée de la Houille Blanche à Brignoud.
De plus on situe Moulin-Vieux dans "La vallée du Grésivaudan … sur les ruptures de pente des torrents issus de Belledonne et des Sept-Laux, depuis le Bréda à Pontcharra jusqu'au Doménon à Domène" p.13 où sont installés à la fin des années 1860 pas moins de huit papeteries qui exploitent la force motrice de l'eau ainsi que le bois d'éclaircie et les déchets de scierie en provenance des forêts de Belledonne et des Sept-Laux. Moulin-Vieux est plus précisément installé "sur le canal de Renevier dérivé du Bréda" p.14.
En ce qui concerne le contexte technique, tout d'abord on a une innovation technique majeure dans les procédés en amont de la fabrication de la feuille de papier: le cylindre à la hollandaise inventé en hollande dans la seconde moitié du 17ème siècle puis diffusé en France à la fin du 18ème siècle qui sert à transformer les lanières de chiffon préparées par les trieuses en pâte à chiffon en les triturant avec un cylindre à lames tranchantes dans une cuve ovale pendant 8 à 10heures et qui se substitut peu à peu à l'ancien procédé artisanal de fabrication de la pâte à chiffon, parce que il supprime l'opération de pourrissage, remplace l'opération d'effilage et d'affinage, économise sur la force motrice, le temps, les déchets (dans le sens où le chiffon est par nature à la fois un déchet, un tissu usé et une matière première qui s'achète), et l'encombrement.
Ensuite il y a la machine à papier qui a été d'abord inventée par le Français Nicolas-Louis Robert (1761 - 1828) en 1798 dans la région parisienne et montée d'abord en Angleterre au début du XIXème siècle puis importée en France. Cette machine reprenait la partie médiane du processus de fabrication artisanale de la feuille de papier qui vient après la préparation de la pâte à chiffon, et le délayage de celle-ci dans de l'eau tiède afin d'obtenir un liquide blanchâtre, plus précisément elle automatisait le rôle de l'ouvreur qui plonge la toile dans une cuve remplie de pâte à chiffon homogène, en déversant la pâte sur la toile, le rôle du coucheur qui égoutte cette toile pour obtenir la feuille de papier, puis qui couche chaque feuille entre deux feutres, puis qui les presse pour enlever l'eau, en égouttant la feuille puis en la roulant entre deux cylindres recouverts de feutre, et le rôle du leveur qui détache les feuilles des feutres et les empile puis qui presse les feuilles à nouveau, en produisant en sortie un ruban continu de 12 à 15 mètres de papier au lieu d'une feuille de papier de taille usuelle. Cette machine à papier a vite été complétée par d'autres inventions technologiques notamment en ce qui concerne les étapes d'égouttage, de séchage et de finition, et son intérêt est à la fois d'avoir permis aux fabriques de papier d'imaginer d'autres machines pouvant être mises bout à bout avec celle-ci, et des machines qui utilisent non seulement la pâte à chiffon, mais aussi la pâte de bois mécanique et la pâte chimique et qui peuvent aussi être incluses dans la machine originale.
Enfin on nous parle de 3 sortes de pâtes à papier à usage industriel pouvant entrer dans la composition de plusieurs qualités de papiers:
-la pâte de bois mécanique (p.15, p.16 et p.21)
-la pâte de chiffon (p.21)
-la pâte chimique (p.16)
Mais qu'est-ce que la pâte à papier et qu'est-ce que ces pâtes?
La pâte à papier peut être produite sur place ou achetée et elle est utilisée pour fabriquer la feuille de papier. Le papier comme support pour l'écriture a été inventé il y a bien plus de III siècles avant notre ère en Asie. Au IIème siècle avant notre ère, Cai Lun, ministre de l'Agriculture en Chine a été le premier à faire un rapport à l'empereur sur comment on fabrique la pâte à papier avec des fibres végétales et textiles, c'est donc à lui que l'on attribue l'invention de la pâte à papier. Les moulins à papier qui fabriquent du papier à partir de la pâte à chiffon existent depuis le 13ème siècle même si il faut attendre l'invention de l'imprimerie par Gutenberg en 1450 pour qu'il soit massivement utilisé. Dans la région grenobloise, la pâte à chiffon est utilisée au moins depuis le XVIème siècle au niveau artisanal avec la papeterie de Vizille qui date d'avant 1593, et depuis l'introduction de la machine à papier dans la première moitié du XIXème siècle, au niveau industriel. La pâte à chiffon provient des vieux morceaux de tissus en coton, en lin et en chanvre. Avec la flambée des prix du coton en 1840, l'industrie papetière cherche une alternative à cette matière première pour faire du papier et trouve une manière d'exploiter le bois généralement en provenance des éclaircies en forêt et des déchets de scierie, avec la découverte du procédé de fabrication de la pâte mécanique de bois par un Allemand de la Saxe, Friedrich Gottlob Keller en 1844, puis par l'amélioration de ce procédé de fabrication par un autre Allemand de la Saxe, Heinrich Voelter en 1846 qui lui, invente le défibreur Voelter. Cet appareil râpe le bois avec de l'eau dans une grosse meule, puis affine les copeaux avec un raffineur, et enfin retravaille les grosses fibres en les réinjectant dans le défibreur pour les raffiner de nouveau. On obtient alors un papier opaque, imprimable et moins cher qui a néanmoins l'inconvénient de jaunir vite et d'être peu résistant, ce qui fait que parallèlement les industries cherchent à le blanchir et à le rendre plus résistant donc à créer de la pâte chimique c'est-à-dire de la pâte de bois mécanique avec une modification chimique de sa structure fibreuse. Depuis 1860, on utilise massivement comme réactif chimique pour le blanchiment, la soude ou le potasse puis le chlore qui dissolvent les substances autres que la cellulose. Et depuis 1880, pour donner de la résistance au papier, on utilise du sulfate de soude. Le sulfate de soude est encore utilisé au XXème siècle, mais le chlore a été remplacé par de l'oxygène qui est un agent de blanchiment plus écologique. Il faut aussi remarquer que c'est au XIXème siècle que Anselme Payen, chimiste Français découvre la cellulose, composé organique commun à toutes les plantes, entrant dans la composition de la membrane des cellules végétales, et donc quand on fabrique de la pâte de chiffon, de la pâte de bois mécanique ou de la pâte chimique, on extrait par des procédés divers la cellulose des matériaux d'origine végétale: le chiffon ou les déchets de scierie, qui sont à l'origine faits en coton (ou autres fibres végétales: lin, chanvre, écorce de mûrier, etc.) ou en bois (de préférence appartenant à des arbres résineux qui donnent des fibres longues comme le pin ou le sapin). Et globalement, depuis ses débuts, l'industrie papetière a une tendance écologique en ce qui concerne la réutilisation et la minimalisation des déchets car ceux-ci sont leur matière première pour fabriquer du papier non recyclé.
Finalement, en ce qui concerne le contexte social, on a tout d'abord l'entrepreneur à l'origine de l'histoire de Moulin-Vieux, celui qui fait venir Gaspard-Zéphyrin Orioli, le fondateur de la papeterie dont on parle, à Pontcharra en Isère. Il s'agit de Pierre Amable Matussière, Ingénieur des Arts et Manufactures qui abandonne la fabrication de parquets à Domène après qu'on lui ait refusé un marché important, pour mettre en valeur son département: l'Isère et sa région: le Dauphiné au travers de ses "ressources forestières et hydrauliques" p.16 en investissant dans un marché fort récent et prometteur de l'industrie papetière, celui de la production de la pâte à papier en bois mécanique, qui tout en étant moins chère que la pâte à coton est tout à la fois dépendante et respectueuse avant l'époque d'un environnement avec de la forêt, de l'eau claire et des pentes. La forêt parce qu'elle procure du bois d'éclaircies, des branches, des cimes et des déchets de scierie d'où on peut extraire des fibres végétales. L'eau claire parce que elle permet de déliter les fibres végétales afin d'en extraire la cellulose, substance végétale aussi présente dans le bois que dans le coton. Et les pentes parce que l'eau fourni de la force motrice à condition que la chute soit haute et le débit élevé et constant. Après un voyage en Allemagne en 1860 dans le Grand-Duché de Bade et de Wurtenberg où Pierre Amable Matussière se documente sans doute sur les récentes nouveautés technologiques de la papeterie: le défibreur Voelter découvert en 1846 par l'Allemand Heinrich Voelter, il fonde une entreprise de râperie et y installe vers 1864, quatre défibreurs Voelter fonctionnant grâce à l'énergie d'une chute d'eau de 35mètres sur le Domeynon à Domène et vend la pâte de bois mécanique aux papeteries régionales qui en ont besoin. Puis on a 3 entrepreneurs associés: Alfred Frédet, Jean-Baptiste Neyret et Gaspard-Zéphyrin Orioli qui viennent à Pontcharra sous la demande de Pierre Amable Matussière pour "lancer la fabrication de la pâte chimique selon le procédé Orioli" p.18. Le premier est un "ancien camarade de collège de Matussière" p.16, le deuxième est "l'un de ses anciens confrères dans la soierie" et le troisième est connu et travaille dans la même entreprise que le premier: les papeteries du Marais en Seine-et-Marne. Le premier est un ingénieur centralien, le deuxième celui qui finance le projet et le troisième est l'inventeur. Les trois louent au marquis de Marcieu l'usine du Pontet qui depuis ne prive plus d'eau les moulins de François Milan à Moulin-Vieux. Ils sont donc à la fois innovateurs et intègres. Enfin on a Gaspard-Zéphyrin Orioli, le racheteur de la propriété rurale de François Milan à Moulin-Vieux. Bien que celui-ci la transforme en la papeterie Sainte-Marie, il est un très mauvais entrepreneur car il n'imagine pas ce dont une papeterie a besoin pour fonctionner et est contraint au dépôt de bilan 10ans plus tard. La présence de Orioli et la fondation d'une papeterie à Moulin-Vieux dépend beaucoup plus d'un concours de circonstances historique et utilitariste attaché au lieu que de la bonne volonté de Orioli. Au niveau historique, ce lieu a une connotation royale car il y avait là auparavant vers 1322 "le moulin de Marguerite d'Avalon, fille naturelle du Dauphin", et au niveau utilitariste, la banque Gaillard a racheté ce lieu parce qu'il était "susceptible(s) d'un usage industriel" p.23 car il longe le canal de Renevier qui se jette dans la rivière de l'Isère et possède des droits d'eau sur une chute de 5,50mètres, et parce que l'ancien propriétaire, François Milan y avait fait construire des moulins pour moudre le grain qui pouvaient être reconvertis en moulins pour effilocher des lanières de chiffon dans un bac d'eau. Et donc la chute d'eau peut apporter la force motrice nécessaire pour alimenter la machine à papier et les moulins peuvent permettre de fabriquer sur place de la pâte à chiffon. Cet usage industriel n'est pas passé inaperçu de Orioli qui l'a mal exploité ni de la banque Gaillard qui a racheté tout ce qu'elle pouvait à Orioli pour essayer de relancer la papeterie avec un meilleur équipement et un entrepreneur, Henri Rochas, dont elle espérait qu'il saurait valoriser les ressources du lieu. Mais celui-ci n'a pas réussi et il a fallu attendre Pierre Escarfail, l'homme qui transforme ses volontés en actions pour que la papeterie puisse prendre son envol.

*La conclusion

Dans la conclusion, ce qui est mis en avant est tout d'abord la richesse archivistique que possède l'usine sur son histoire et que Jean-Pierre Borgis a consulté pour réaliser son ouvrage et suggérer un classement qui sera effectué par la documentaliste. L'intérêt de l'ouvrage est multiple: il est à la fois interne puisque il concerne les acteurs de l'histoire et externe car l'histoire de Moulin-Vieux peut être comparée et a été comparée par Jean-Pierre Borgis avec l'histoire d'autres entreprises papetières au cours de la même période. En ce qui concerne les points de comparaison, Jean-Pierre Borgis nous suggère de comparer les changements de systèmes techniques qui englobent un changement dans les méthodes de travail, un changement dans les procédés de fabrication, et un changements dans les types de matières premières utilisées, le lien entre l'industrie papetière Dauphinoise et l'essor de l'hydro-électricité, et les rapports entre la balance économique de l'entreprise, les conjonctures économiques externes, et les décisions des dirigeants. Ensuite il nous résume son histoire qui commence avec 25ans de recherche d'une assise financière, commerciale et technique cohérente, qui continue par le rétablissement de la prospérité réalisé par Pierre Escarfail qui réussit à valoriser les ressources forestières régionales, à rendre l'entreprise autonome énergétiquement et à augmenter la capacité de l'appareil de production de façon incroyable. Qui continue ensuite en tant que entreprise familiale sous l'esprit innovateur et marquant de Paul Escarfail, son fils, qui a mis du temps pour trouver la bonne stratégie de valorisation des ressources forestières régionales. Et qui continue encore avec Patrick Alibaux, le neveu de celui-ci qui place ses espoirs dans la qualité des produits et la notion de travail d'équipe.

III- Résumé de l'histoire de la papeterie de Moulin-Vieux entre 1869 et 1989 d'après l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis

Remarque: Les titres ne correspondent pas aux titres originaux de l'ouvrage, c'est moi qui les ai renommés pour cibler la lecture des chapitres présentés.

Chapitre 1 - Orioli et la papeterie Sainte-Marie

Le chimiste Gaspard Zéphyrin Orioli vient à Pontcharra sous la demande de l'ingénieur des Arts et Manufactures Pierre-Amable Matussière pour lancer la fabrication de la pâte chimique. Il s'associe le 28 novembre 1864 avec l'ingénieur centralien Alfred Frédet et le financier Jean Baptiste Neyret pour louer l'usine du Pontet. Le 8 Mai 1869 il achète à Moulin-Vieux une propriété rurale en bordure du canal de Renevier appartenant au marchand d'articles métalliques François Milan. Il profite de la force motrice de la chute d'eau du canal de Renevier d'à peu près 5,50mètres de hauteur pour créer une petite fabrique de papiers embauchant une centaine d'ouvriers qu'il nomme Sainte-Marie. Celle-ci ne possède pas tous les équipements nécessaires pour produire du papier et produit peu et cher. Plus tard il achète aussi d'autres terrains à Moulin-Vieux dont le terrain de Pré-Crochet et même l'ancienne usine métallurgique de François Milan à Renevier. Mais comme il n'a pas fini de payer son usine de Moulin-Vieux, il s'endette et est obligé à recourir au dépôt de bilan en 1879. Sa banque, les Banquiers de Gaillard à Grenoble, rachète sa papeterie et les terrains adjacents qu'il n'avait pas fini de payer, mais ne parvient pas à acheter l'usine de Renevier.

Chapitre 2 - Henri Rochas et la papeterie Henri Rochas et Cie

La banque Gaillard nomme le polytechnicien Henri Rochas comme gérant en Mai 1880. Celui-ci donne son nom à l'entreprise: "Henri Rochas et Cie". Il garde l'usine Sainte-Marie, ses sept bâtiments d'exploitation construits entre 1869 et 1879, et les bâtiments réservés au logement du maître et des ouvriers avec leurs jardins. La plupart de ses actionnaires sont grenoblois car on est encore en 1880, et la banque détient 32% du capital. Il utilise les capitaux des actionnaires pour améliorer sensiblement le fonctionnement de l'usine: Il régularise le débit entre l'usine du Pontet et l'usine de Moulin-Vieux, il s'assure que l'eau utilisée pour le lavage du papier ne sera pas ferrugineuse à cause des usines en amont, en construisant deux puits à Pré-Crochet, et il réserve toute la force motrice de la chute d'eau de Moulin-Vieux pour la machine à papier en utilisant pour la première fois la petite chute d'eau de Pré-Crochet pour emmener l'eau pure des puits à la papeterie. Ces travaux durent une année et épuisent tout son capital.
Pour essayer de faire l'usine décoller économiquement Henri Rochas décide d'une politique où il privilégie à la fois la vente en gros et la vente au détail, mais plus la vente au détail que la vente en gros car malgré des commandes plus petites, les bénéfices sont plus grands. Cependant il doit adapter ses outils techniques et la main-d'œuvre à cette nouvelle gamme de produits, il achète alors une calandre et une nouvelle machine à vapeur pour l'actionner, plusieurs régleuses et une machine à imprimer les couvertures. Et comme le personnel n'a pas assez de compétence professionnelle car il s'agit de paysans, il diminue les effectifs de 34,22% en cinq années et supprime les grèves en licenciant. Toutefois l'entreprise n'a pas une bonne structure commerciale pour faire face à la concurrence: les voyageurs de commerce qui sont rémunérés à la commission ne vendent pas assez, l'entreprise subit la crise de l'industrie papetière, elle préfère alors augmenter ses stocks de papier plutôt que de vendre à des prix cassés, et elle est pénalisée par la loi du premier décembre 1886 qui supprime l'impôt sur le papier et fait encore baisser les prix.
Le 12 Octobre 1887, Henri Rochas démissionne, et les actionnaires décident de ne pas liquider la société fortement endettée, mais de reconstituer l'entreprise sous de nouvelles bases juridiques. Celle-ci passe d'une société en commandite par actions à une société anonyme par actions.

Chapitre 3 - Pierre Escarfail et la papeterie de Moulin-Vieux - Société anonyme par actions

Pierre Escarfail, le nouveau gérant de la papeterie, est né le 4 août 1857. Son père était lieutenant de vaisseau, mais il est mort peu de temps après sa naissance, et sa mère ne pouvait pas lui donner les moyens pour entrer à l'école navale. Sa sœur avait épousé Albert Roze, directeur de la papeterie M. de Mauduit qui fabriquait du papier à cigarettes, mais elle est morte en couches en 1873. Cette même année, il prit Pierre Escarfail comme stagiaire et lui enseigna pendant 4ans les techniques de fabrication et les tâches administratives pour être chef de fabrication. A 20ans il trouve un poste de surveillant et de chef de salle d'apprêt en Espagne, puis un poste de directeur d'usine à 23ans, puis il part aux Etats-Unis pour acquérir les dernières techniques papetières mais il n'obtient pas un poste dans la direction, car il ne parle pas la langue, et après avoir accumulé toutes ces solides expériences à l'étranger, il rentre en France où finalement le marché du travail s'ouvre à lui: il reçoit des propositions en grand nombre. Il parvient à obtenir le poste de chef de fabrication à la société Zuber et Rieder qu'il convoitait tant. Il s'entend apparemment très bien avec le directeur de l'usine mais pas du tout avec le directeur de fabrication qui lui le considère comme un adversaire. Cette mésentente le pousse à démissionner le 1er novembre 1887.
Les actionnaires de la papeterie de Moulin-Vieux élisent à l'unanimité Pierre Escarfail comme nouveau gérant le 12 janvier 1888. Ce jour-même, Pierre Escarfail se débarrasse des responsabilités légales du statut de gérant en transformant Moulin-Vieux en une société anonyme par actions et en devenant administrateur-délégué, pour ne pas être responsable des dettes de l'entreprise, et pour être à la fois administrateur et directeur de l'entreprise en n'étant que responsable des fautes graves et des infractions aux dispositions légales de l'entreprise.
La production de Moulin-Vieux est médiocre. Pierre Escarfail décide alors de relancer ce pour quoi l'entreprise est équipée, la fabrication de la pâte à chiffons, d'autre part il fait changer totalement l'organisation du système comptable, et il augmente la productivité de 73,76% entre 1886 et 1890 en licenciant des ouvriers et en remplaçant la rémunération à la journée par la rémunération au rendement. Néanmoins l'entreprise continue en déficit et doit emprunter de l'argent. Les bénéfices ne commencent qu'en 1890 et l'entreprise se réjouit à se désendetter.
Moulin-Vieux doit aussi changer son mode de production, parce qu'elle ne produit que des pâtes de chiffons et achète chez d'autres papeteries ses pâtes mécaniques, ses pâtes de paille et ses pâtes chimiques. Pierre Escarfail décide de se lancer aussi dans la pâte mécanique qui est moins onéreuse au niveau des équipements. Pour cela il place ses espoirs dans la petite chute de Pré-Crochet car la chute de Moulin-Vieux emploi toute sa force motrice pour faire tourner la machine à papier. Il achète 360mètres de parcelles en bordure du canal de Renevier à Pré-Crochet pour éviter les conflits juridiques et fait un investissement de 80000francs pour des travaux d'aménagement et un nouvel équipement complet. La chute de Pré-Crochet qui faisait 2,30mètres de haut et produisait 60CV passe à 4,60mètres et produit 120CV ce qui est suffisant pour actionner un défibreur et ses pompes. Il achète le défibreur d'occasion, un raffineur et du matériel de scierie et les place dans un édifice appelé râperie.
Toutes ces améliorations lui permettent de rentrer dans une période de bénéfices qui durera de 1894 à 1913.

Chapitre 4 - Pierre Escarfail et la papeterie de Moulin-Vieux - Société en commandite par actions

Entre 1894 et 1913, les bénéfices nets de Moulin-Vieux augmentent de 300%, et la chiffre de vente augmente de 114,37%, les papiers produits sont principalement vendus à des maisons de gros à Paris et à Lyon. Pierre Escarfail profite de cette conjecture pour demander aux actionnaires de changer la structure judiciaire de l'entreprise, qui passe le 1er janvier 1899 d'une société anonyme par actions à une société en commandite par actions.
La capacité productive de l'usine est limitée en partie parce que la force motrice de la machine à papier est trop faible et pas assez régulière, ce qui retarde les commandes et force l'usine à stocker en magasin une partie de sa production. Pierre Escarfail cherche des solutions.
Sa première préoccupation est d'apporter plus d'énergie motrice à Moulin-Vieux en se connectant à une autre chute par voie électrique. Il achète entre Allevard, La Rochette et Pontcharra une chute d'eau du Bréda aménageable jusqu'à 47mètres, ainsi que ses terrains annexes et y construit un barrage où il place sa propre usine, l'usine électrique de Détrier. Celle-ci entre en phase d'exploitation en Avril 1906 et transforme la force motrice de l'eau sous 14mètres de dénivelé en du 400CV. Grâce à un contrat avec la Société des Forces motrices du Haut-Grésivaudan, cette force motrice peut être acheminée sous forme d'un courant triphasé aux divers ateliers des usines de Pré-Crochet et de Moulin-Vieux, qui après les pertes, peuvent utiliser jusqu'à 300CV. Et d'après une clause du contrat avec cette société, en chemin, 20CV sont rétrocédés à la commune du Moutaret.
Cette énergie motrice lui permet d'acheter en 1906 une nouvelle machine à papier qu'il alimente avec les 110volts venus de Détrier. Il fait de nombreux aménagements au niveau de la production de la pâte mécanique à Pré-Crochet et achète une chaudière plus puissante pour la sècherie de la machine à papier.
Puis il double la force motrice de l'usine en 1910 en y installant une seconde turbine de telle sorte que n'importe laquelle des deux turbines puisse prendre le relais au cas où l'autre tomberait en panne. Et prévoit l'accroissement de la nécessité de force motrice en achetant deux autres chutes: la chute de Mirande en 1908 et la chute de La Croix en 1911.
L'usine de Détrier et ses terrains ont été achetés par auto-financement, Moulin-Vieux a constitué une réserve d'argent en prélevant 45% des bénéfices nets après avoir amorti le paiement de tous ses équipements. Et la nouvelle machine grâce à un gros emprunt.
La papeterie de Moulin-Vieux isolée dans le monde rural charrapontain est comme une mine d'or pour ses ouvriers paysans. 52% de la main-d'œuvre rentre dans l'usine avant 20ans où on leur apprend une profession papetière très spécialisée, répétitive et stable. On y fait carrière de père en fil, les hiérarchies sociales n'évoluent pas mais en contre-partie les ouvriers sont très bien traités, ils ont un salaire qui augmente plus vite que le coût de la vie et meilleur que dans les autres papeteries, ils bénéficient de soins médicaux gratuits, d'une adhésion gratuite à la Caisse Nationale des Retraites depuis le 1er janvier 1899 c'est-à-dire avant beaucoup d'autres entreprises, et achètent du charbon à prix réduit. Ils restent le plus souvent à la papeterie jusqu'à 55ans.

Chapitre 5 - Pierre Escarfail et la papeterie de Moulin-Vieux - Société Anonyme par actions avec Pierre Escarfail comme principal actionnaire

*La première guerre mondiale (1914-1918)

Entre 1914 et 1918, c'est la première guerre mondiale, beaucoup d'ouvriers sont mobilisés, cela déstabilise l'entreprise. Malgré tout, Pierre Escarfail ne baisse pas les bras, il remplace le conducteur de la machine à papier, il remplace en bénévole un ami, Robert Franck, directeur de la cartonnerie de la Rochette en Savoie, l'usine la plus proche, et il vient en aide aux familles des mobilisés en fondant un hôpital militaire dans les bâtiments de l'école primaire de Pontcharra qui fonctionnera de janvier à décembre 1915.
Faute d'approvisionnements réguliers en matières premières et en charbon, partout la production et les stocks baissent, il y a pénurie de papier depuis 1915, mais la demande s'intensifie. Le gouvernement demande aux fabricants de déclarer leurs stocks disponibles et de distribuer les papiers en priorité à la Défense Nationale et aux services publics. Mais les fabricants papetiers sont hostiles à cette mesure et tout en adhérant à l'Office National du Papier qui leur sert d'organe de liaison avec le gouvernement, ils se syndicalisent puis créent le Comptoir des Pâtes et Papiers qui leur permet de gérer de façon autonome le transport et la répartition des matières premières en amont de la situation.
Pendant la guerre, Moulin-Vieux privilégie ses clients réguliers et plutôt que de vendre le papier à des prix déraisonnables comme les autres fournisseurs le font, il préfère laisser sa marge bénéficiaire se dégrader et même devenir négative de 0.31 francs en 1918. A la fin de la guerre la société devient comme souvent elle l'a été auparavant, fortement débitrice.

*L'entre-deux guerres (1919-1939)

Juste après la guerre, le 31 décembre 1918, c'est la date d'expiration de la structure judiciaire de l'entreprise. Les actionnaires doivent voter le devenir de cette société. Pierre Escarfail qui était devenu avant la guerre le principal actionnaire de Moulin-Vieux avec 17,45% des actions, propose de transformer la société en commandite par actions en une entreprise familiale en rachetant chaque action de 500francs au prix de 750francs et en remboursant le tout sur 20ans. La grande majorité des actionnaires votent oui, et ils tirent au sort les dates du 1er janvier et du 1er juillet de chaque année pour recevoir leur argent du remboursement. Le 1er janvier 1919, Pierre Escarfail devient alors à 61ans le seul et unique propriétaire de la papeterie de Moulin-Vieux avec une obligation de presque de 2 millions de francs.
Mais le statut de capitaliste autonome n'est pas du tout compatible avec le système fiscal d'après guerre, qui applique la loi de l'impôt général sur le revenu du 15 juillet 1914 et celle de la taxe sur le chiffre d'affaires du 25 juillet 1920. Toutes ces taxes empêchent la société de bien tourner. Pierre Escarfail change alors encore une fois le statut de sa société qui redevient une société anonyme le 25 mai 1925 dont il détient cette fois-ci 95,83% des actions et assure la Présidence du Conseil.
Pierre Escarfail maintient sa politique d'amélioration de l'appareil de production et de recherche de l'autonomie énergétique ce qui lui permet de résister à la crise papetière qui dure jusqu'en 1935. Il remplace en 1922 l'ancienne râperie de Pré-Crochet par une nouvelle. Et en 1924, il profite du fait que avant 1914, Moulin-Vieux avait adhéré au consortium des usiniers du Bréda qui avait pour but de régulariser le débit du Bréda en toute saison en intervenant au niveau des lacs du massif des Sept Laux qui lui donnent naissance. Ces travaux ont lieux pendant la première guerre mondiale. A ces travaux s'ajoutent d'autres en amont et en aval de Moulin-Vieux qui portent le débit du canal à ce niveau à du 5m3/s. Pierre Escarfail relie alors la chute de Pré-Crochet à Moulin-Vieux en 1924 par une conduite forcée accompagnée d'une chambre d'eau de sorte à avoir une chute de 11mètres produisant du 440CV. Il a une apogée économique de courte durée entre 1928 et 1930.
Dans le chapitre précédent, on nous apprend que à partir de juin 1919, les ouvriers sont payés à l'heure alors que auparavant ils étaient soit payés à la journée soit payés à la tâche, mais le plus souvent à la tâche.
Après la guerre de 1914, on constate qu'il y a presque autant d'ouvriers isérois nés à Pontcharra que d'ouvriers nés ailleurs: autres villes que Pontcharra, autres départements que l'Isère, et autres pays que la France. Cela expliquerait pourquoi les ouvriers sont un peu moins attachés à Moulin-Vieux, beaucoup d'ouvriers n'y font plus carrière toute leur vie et n'hésitent pas à changer d'entreprise, et à ses valeurs paternalistes, il y a plus de grèves qui finissent par des licenciements suivis par des réembauches aux mêmes conditions de travail, et donc moins de respect et de compréhension vis-à-vis de la hiérarchie et du règlement.
Malgré tout, le 9 juillet 1936, Moulin-Vieux signe comme toutes les autres entreprises les accords Matignon qui revendiquent "l'instauration de délégués du personnel, la reconnaissance du droit syndical, la semaine de 40heures et la réévaluation du taux des salaires horaires."(p.134)

*La seconde guerre mondiale (1939-1945)

Quelque temps avant la deuxième guerre mondiale, et dès que le redressement financier lui permet, Pierre Escarfail s'intéresse à la chute d'eau des vieux-Moulins haute de 112mètres située entre Allevard et Détrier. Mais l'administration met 10ans pour prendre sa décision et entre-temps Pierre Escarfail doit remplacer les autres administrateurs mobilisés dont Paul Escarfail dans la surveillance et la direction de Moulin-Vieux.
Fatigué, Pierre Escarfail s'éteint dès le début de la seconde guerre mondiale, le 29 Mars 1940, 9 jours après la concession de la chute par l'Etat. Le Syndicat général des fabricants de papiers, cartons et cellulose de France lui fait un éloge funèbre pour nous rappeler que tout ce que Pierre Escarfail voulait, il l'exécutait. Ses deux fils Paul et Gérard Escarfail lui succèdent, le premier, l'aîné, devient Président Directeur Général et le deuxième, le cadet, Directeur Général.
La pénurie des pâtes de cellulose et la pénurie de charbon frappe encore l'entreprise qui cherche des solutions dans l'intensification de la production de pâtes mécaniques et dans l'exploitation de courte durée de la mine de Sonnaz.
En 1941, Moulin-Vieux achète le domaine de Château-Bayard à Pontcharra qui permet d'apporter quelques ressources alimentaires pour son personnel.
La zone libre qui était le siège d'une forte demande papetière est envahie par l'Allemagne le 11 Novembre 1942 qui réquisitionne les ressources industrielles et la main-d'œuvre pour contrebalancer son effort de guerre.
Mais malgré tout, Moulin-Vieux anticipe sur sa future indépendance énergétique, et le 15 décembre 1942, les frères Escarfail fondent avec la Société Générale de Force et Lumière une nouvelle société appelée société des Forces Motrices du Bréda pour aménager et exploiter la chute des vieux-Moulins ainsi que la chute du Pontet concédée par Moulin-Vieux.
Le 15 Septembre 1943, le ministre de l'Economie de Vichy s'accorde avec le ministre de l'Armement du Reich pour donner le statut de S. Betriebe aux entreprises qui collaborent avec les intérêts Allemands. Moulin-Vieux obtient ce statut en Octobre 1943 ce qui protège ses hommes de la réquisition forcée et leur permet de travailler à 80% de leur capacité productive.
Après la guerre, la politique de nationalisation de l'énergie française avec la création de EDF (Electricité de France) le 8 Avril 1946 entraîne la nationalisation de la toute nouvelle société. Néanmoins grâce à une longue procédure juridique, Moulin-Vieux parvient à un accord avec EDF qui lui fournit des tarifs préférentiels. L'exploitation de la société débute alors en janvier 1949.

Chapitre 6 - Paul Escarfail, Président Directeur Général et Gérard Escarfail Directeur Général et la papeterie de Moulin-Vieux

Entre 1945 et 1974, Moulin-Vieux entre dans une période de croissance et de prospérité économique notamment grâce à la modernisation des équipements. Mais il s'agit là d'une conception de l'investissement industriel bien différente de celle d'avant-guerre, où la machine à papier avait fonctionné pendant 44ans. En effet la modernisation doit courir après le progrès technologique qui rend plus rapidement obsolète que autrefois les différents appareils de la machine à papier et des autres équipements.
En 1949, l'ancienne machine à papier de la maison Thiry et Cie installée en 1906 devient en quelque sorte une nouvelle machine dont on ne garde que les bâtis de sècherie, les sécheurs et la lisse. Et on rajoute au bout de la machine une enroleuse.
L'amélioration du système productif entraîne un déséquilibre en amont et en aval, mais surtout en aval qu'il faut corriger. On construit un hall d'expédition relié aux voies de communication terrestres et ferroviaires, d'ailleurs Moulin-Vieux est rattaché à la SNCF depuis 1947 par une ligne privée. On construit deux nouvelles chaudières, celle de 1957 fonctionne au fioul ce qui témoigne du fait que on préfère de plus en plus utiliser le pétrole, à cette époque bon marché, plutôt que le charbon. Et en 1953, la salle de triage est transférée dans un bâtiment neuf avec une nouvelle méthode de travail: on passe du triage sur taille au triage en continu ce qui augmente sensiblement la productivité des trieuses.
Entre 1955 et 1959, on construit et on équipe un nouvel atelier de pâte chimique. En 1961 Moulin-Vieux est classé comme le 1er fabricant Français en tonnage d'Afnor IV Impression-Ecriture qui est un papier composé de 80% de pâte chimique et de 20% de pâte mécanique. Et en 1968 au niveau de son chiffre d'affaires, il est classé au 48ème rang parmi les sociétés papetières françaises.
Puis on continue de moderniser la machine à papier, c'est-à-dire de refondre l'appareil de production en 1972, en 1975 et en 1977.
Entre 1956 et 1969, période qui représente les Trente Glorieuses qui apriori ont duré de 1960 à 1970, Moulin-Vieux a surtout vendu ses tonnages à la région parisienne car c'est à Paris que se situe le marché de l'édition, les grandes imprimeries et la vie politique et économique. Le nombre de départements à lui faire des commandes a augmenté comme à chaque période, et il continue de compter sur le marché colonial pour écouler ses tonnages.
Pour financer ses chaudières, son atelier de pâte chimique, et la modernisation de la machine à papier, Moulin-Vieux bénéficie largement de l'aide de l'Etat car celui-ci a adopté le plan Marshall en 1947 qui est une aide monétaire de la part des Etats-Unis pour reconstruire économiquement l'Europe après la seconde guerre mondiale par l'intermédiaire de la Caisse des marchés de l'Etat et du fonds de modernisation et d'équipement. De plus Moulin-Vieux utilise également le recours au marché obligatoire par l'émission d'un emprunt, les indemnités de nationalisation versées par EDF ainsi que ses fonds de financement propres.
A propos de l'installation de l'atelier de pâte chimique en 1955, il s'agissait d'une innovation technologique visant à valoriser l'utilisation du bois de feuillus qui constitue l'essentiel de la forêt Française avec le chêne, le hêtre, le charme, le tremble, le frêne, le châtaignier et le peuplier entre autres, dans la fabrication de la pâte à papier.
Car jusque dans les années 1950, ce sont les bois de résineux, aux fibres plus longues, et qui constituent tout de même le tiers de la surface forestière avec les pins maritimes et sylvestres, les épicéas, les mélèzes, les sapins, etc… qui sont utilisés.
Donc Moulin-Vieux bénéficie du 1er (1947-1952) et du deuxième (1953-1957) plan Marshall pour ouvrir les verrous techniques et économiques de l'usage du bois de feuillus de son industrie papetière et de l'industrie nationale, et diminuer ses importations de bois de résineux de la Scandinavie ou de la Finlande, et du Canada. Notamment grâce à la création par l'Etat en 1950 de la Commission d'Etudes des Bois de Feuillus, grâce aux voyages, dans le cadre du plan Marshall, du Directeur Général Gérard Escarfail aux Etats-Unis en 1950 puis en 1952 suivi de voyages en Italie, où il visite les usines papetières qui fabriquent du papier à partir de bois de feuillus avec la technologie américaine, ainsi que les laboratoires de recherche consacrés à ce sujet, puis rapporte les nouveaux procédés en France, notamment le procédé de cuisson des copeaux de feuillus au sulfite neutre de sodium, mis au point vers 1926 par le laboratoire d'Etat Madison aux Etats-Unis, en publiant un rapport en 1952 et un autre en 1953. Et grâce à la création d'un nouveau centre de diffusion du savoir papetier par la profession papetière en 1957, appelé Centre Technique de l'Industrie des Papiers, Cartons et Cellulose, qui divulgue des informations d'abord sous forme associative puis sous forme industrielle.
Et pour que la forêt Française continue son expansion amorcée au XIXème siècle tout en étant plus exploitée, entre 1960 et 1970, Moulin-Vieux plante 525ha de peupliers, arbre de la famille des feuillus.
Finalement la généralisation du travail à la chaîne dans la fabrication du papier en 1950, appelé le fordisme a permit à l'usine de faire des profits et donc d'augmenter ses effectifs, de mieux les rémunérer, et de leur apporter plus d'aide sociale, comme le programme d'accession à la propriété en 10ans, les colonies de vacances, les bourses d'études dans le domaine de la papeterie, les primes de naissance, de mariage, de service militaire, les arbres de noël, et la retraite complémentaire pour les ouvriers qui ont passé plus de 20ans dans l'entreprise, tout cela en plus de ce qu'apporte la sécurité sociale.

Chapitre 7- Paul Escarfail, Président Directeur Général, puis Patrick Aliboux, Président Directeur Général de la papeterie de Moulin-Vieux, une entreprise familiale

La période des Trente Glorieuses (1960-1970) dura assez de temps pour donner aux Présidents Directeurs Généraux des entreprises papetières de mauvaises habitudes de travail: beaucoup se sont surendettés pour améliorer leur outil de production sur le long terme en espérant que les bénéfices d'un futur proche irait leur permettre de réaliser leur défi technologique. Or en 1974 une grande crise papetière a lieu à cause d'une conjoncture d'éléments: le premier choc pétrolier qui va de 1973 à 1974, la très grande concurrence internationale, l'obligation de dépolluer ses rejets industriels qui date de 1964, l'augmentation du prix des matières premières, le fait que les machines sont à la fois très chères et très vite dépassées, et le fait que toute modernisation ou innovation introduite implique une refonte de l'appareil productif en amont et en aval.
Or Paul Escarfail rêvait depuis longtemps de valoriser les ressources forestières régionales du Dauphiné avec son atelier de pâte chimique construit entre 1955 et 1959 qui utilise du bois de feuillus comme par exemple le bois de peuplier. Or pour que cet atelier ait le droit de continuer à fonctionner, il devait installer une unité de dépollution pour traiter ses boues papetières avant de les déverser dans l'Isère. Or pour que cette station d'épuration fonctionne à son maximum il faudrait doubler la capacité de production de l'atelier de pâte chimique et adapter l'appareil de production en amont et en aval, ce qui implique aussi de transformer la machine à papier. Et comme le financement des travaux repose surtout sur des emprunts d'origine externe qui allaient être remboursés grâce aux profits futurs qui devraient avoir lieu après la reprise certaine de l'économie nationale et de l'économie papetière, et que la crise de 1974 s'accentue jusqu'en 1977: 11 usines papetières sur 76 ferment, et le gouvernement lance le "Plan Papier" qui consiste à ne pas secourir les petites et moyennes entreprises papetières en difficulté et pousser les grandes entreprises à se concentrer et à s'internationaliser, et comme le ratio de liquidité (actif circulant / dettes à court terme) et le ratio d'autonomie (fonds propres / dettes globales) sont au rouge pour Moulin-Vieux, le gouvernement ne l'aide pas et l'Entreprise est contrainte au dépôt de bilan le 4 Novembre 1977.
Malgré tout Paul Escarfail obtient l'autorisation de ne pas fermer tout de suite l'usine, et tente encore de poursuivre sa politique de valorisation du bois de feuillus régional qui va dans le même sens que la politique du gouvernement en ce qui concerne l'économie des devises sur le plan national en diminuant l'importation de matières premières. Mais il ne trouve pas de partenaire à la hauteur, et est contraint d'abandonner pour toujours son rêve inachevé. Le 30 Mars 1979, pour ne pas fermer l'affaire, il homologue un concordat avec le Tribunal de Commerce qui prévoit le remboursement en 10ans des créances de l'Entreprise grâce à l'arrêt définitif de l'atelier de pâte chimique, à la concentration de l'activité papetière sur la fabrication de papier à partir de toutes sortes de pâtes en cellulose achetées sur le marché extérieur, et à la vente de son patrimoine immobilier et de la propriété de Château Bayard.
Et malgré le fait que la crise papetière dure de 1974 à 1986, Moulin-Vieux s'en sort de mieux en mieux. En adoptant l'idée de reconversion technique de l'atelier de pâte chimique qui était fermé en atelier de pâte désencrée, proposée par le Directeur Général de la Société Auxiliaire du Bois, Pierre Franck, le Président Directeur Général Paul Escarfail fait un choix qui renoue avec le savoir-faire de Moulin-Vieux en matière de blanchiment des pâtes car les pâtes chimiques allaient être blanchies dans ce même atelier, et son souci de valorisation des ressources forestières régionales et nationales car en 1982 seulement 38% des vieux papiers sont recyclés en France. Le 10 décembre 1982, Moulin-Vieux fonde en collaboration avec la Société Auxiliaire du Bois qui lui propose des études techniques, et la Société La Rochette Hermitage qui lui apporte son soutient financier, ainsi que grâce à divers organismes de prêt, la Société de la Pâte à Papier Savoie Dauphiné qui a pour but de reconvertir l'atelier de pâte chimique en atelier de pâte désencrée à Moulin-Vieux, et qui est dirigée par Patrick Aliboux, neveu de Paul et Gérard Escarfail et, Directeur Général de Moulin-Vieux depuis le départ à la retraite de Gérard Escarfail en 1979. L'atelier de pâte désencrée est construit en décembre 1983. Cela contribue à la réduction des coûts d'approvisionnement en matières premières ce qui permet le redressement financier de Moulin-Vieux, à la hausse du taux de recyclage mondial car les vieux papiers sont collectés en France mais aussi à l'étranger car il n'y en a pas assez, et à donner un visage moderne à l'équipement technologique de Moulin-Vieux car en 1989 il n'existe que sept entreprises en France qui possèdent une unité de désencrage.
De 1984 à 1989, la politique économique de Moulin-Vieux a donc été de: premièrement, proposer une plus large gamme de produits notamment grâce au négoce qui consiste à revendre d'autres sortes de papiers achetés à d'autres papeteries, deuxièmement devenir plus flexible aux fluctuations de l'univers économique par un perfectionnement annuel de la machine à papier, la formation du personnel pour qu'il s'adapte plus vite au progrès technique, et la réalisation de stratégies économiques en cas de déficit et troisièmement de restaurer la rentabilité de l'affaire ce qui a lieu avec la fin du concordat au printemps 1989, et de continuer à faire des bénéfices tout en gardant la société dans le cadre familial: ainsi en juin 1989, après 50années de dure labeur, Paul Escarfail cède son fauteuil à son neveu, Patrick Aliboux qui occupe désormais la place centrale de Président Directeur Général à la papeterie de Moulin-Vieux.

Annexes

*Réponse du directeur technique de Moulin-Vieux*

De: "Roche" Ajouter au carnet d'adresses
à: francoise_peace@yahoo.com.br
Objet: TR: pour Françoise Del Socorro - moulin Vieux
Date: Sat, 12 May 2007 10:06:32 +0200

Samedi 12 mai 2007

Bonjour,

En réponse à votre courriel que l’on m’a transmis

Pour ma part j’ai travaillé à la papeterie de 1959 à 1999 – responsable du service technique (entretien et travaux neufs)

Le livre de Jean-Pierre Borgis relate l’histoire de la Papeterie de Moulin Vieux
Il a été écrit en prenant comme base les archives de la papeterie

Je pense que Monsieur Paul Escarfail, Président de la Société, (comme l’explique JP Borgis à la fin de son livre) voulant mettre de l’ordre dans les archives a fait appel à JP Borgis pour les exploiter (réalisation du livre) et à cette occasion « trier » celles-ci
je n’ai pas d’autres informations

pour d’autres ouvrages
Monsieur Paul Escarfail a écrit un livre « Mémoires Papetières 1888 – 1989 », édité en un petit nombre d’exemplaire, sur le livre je ne trouve pas l’éditeur

il existe aussi sur « le papier » un livre que vous devez connaître « le papier une histoire au quotidien de Pierre-Marc BIASI - série « techniques » n°369 – Découvertes Gallimard

Cordialement

André Roche – angiroche@tiscali.fr

----- Original Message -----

From: Del Socorro Françoise
Subject: Questions sur un ouvrage ?

Bonjour,

Est-ce que vous pourriez me dire s'il vous plaît comment et pourquoi l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis sur Moulin-Vieux a été écrit et s'il y a eu d'autres produits de valorisation visant cette même entreprise?

Merci beaucoup pour les informations, c'est pour un devoir d'histoire.

Merci beaucoup,
Françoise Del Socorro

*Réponse de la Mairie de Pontcharra*

De: "DGS - B. HUGUENOTTE" Adicionar endereço
Para: darkladyj9_9j@yahoo.com.br
Assunto: votre demande du 10/04/2007
Data: Thu, 24 May 2007 17:52:31 +0300

Bonjour
Pardonnez-moi de prendre contact seulement ce jour avec vous.
Vous envoyer le txt intégral des délibérations sur l'économie locale et sur moulin vieux est bien sûr possible. Mais, si vous, vous préparez un PETIT dossier, sera pour nous ici une GROS travail. Il nécessitera de nombreuses recherches, longues, et je ne suis pas sûr de trouver des infos pertinentes.
Les conseils municipaux interviennent peu dans le domaine économique.
En ce qui concerne Moulin vieux (entreprise liquidée en juin 2006), le conseil municipal est intervenu
en 1999 et 2001 pour acheter terrains et immobilier
en 2001 pour la convention de mise à disposition du site
en 2006 pour la revente d'une petite partie de l'usine.
la liquidation a été traitée par le Tribunal de commerce.

Désolé de ne pouvoir vous en écrire plus.
Vous pouvez me contacter au 04 76 97 11 70.

Avec mes salutations
le dgs
B Huguenotte

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Data: Tue, 10 Apr 2007 08:45:08 -0300 (ART)
De: "Françoise Del Socorro" Ver detalhes do contato
Assunto: Les réunions du conseil municipal
Para: "Mairie de Pontcharra" infographe@ville-pontcharra.fr

Bonjour à l'infographe de la Mairie de Pontcharra et à tous ceux qui s'occupent de ses archives,

J'écris un petit dossier en histoire des techniques pour ma fac et j'aurais besoin que vous m'envoyez le texte intégral des délibérations sur l'économie locale et moulin-vieux par mail, si possible tout ce que vous aurez après 1989 jusqu'à récemment.

J'aimerais également savoir si vous avez quelque chose sur la vente de bois et moulin-vieux?

> http://www.ville-pontcharra.fr/fichier/vap/actu/conseil02.html

Je vous remercie d'avance,
Françoise Del Socorro
21 Avenue Henri Barbusse
92700 Colombes

Merci beaucoup ^_^V,
Françoise Del Socorro

*Réponse des Presses Universitaires de Grenoble*

De: "Sylvie Bigot" Ajouter au carnet d'adresses
à: francoise_peace@yahoo.com.br
Objet: RE: Demande d'information sur un ouvrage
Date: Thu, 10 May 2007 15:52:25 +0200

Madame,

Je vous remercie de votre intérêt pour nos parutions et plus particulièrement concernant l'ouvrage de Monsieur BORGIS.

L'ouvrage que vous évoquez est épuisé à ce jour et nous n'avons plus de contacts actifs avec l'auteur. Nous pouvons cependant vous indiquer ses coordonnées si vous souhaitez avoir des informations plus détaillées concernant son ouvrage :
Jean-Pierre BORGIS - 6, rue Lazar Carnot - 38100 GRENOBLE

Je vous adresse tous mes encouragements dans la poursuite de votre projet.
Avec nos plus sincères salutations,

Sylvie BIGOT
PRESSES UNIVERSITAIRES DE GRENOBLE
Présidente du Directoire
Responsable Commerciale
Tél.: 04 76 82 59 84
www.pug.fr

-----Message d'origine-----

De : Del Socorro Françoise [mailto:francoise_peace@yahoo.com.br]
Envoyé : mercredi 9 mai 2007 18:20
à : Sylvie Bigot
Objet : Demande d'information sur un ouvrage

Bonjour Mme Bigot,

Est-ce que vous pourriez me dire s'il vous plaît comment et pourquoi l'ouvrage de Jean-Pierre Borgis sur Moulin-Vieux a été écrit et s'il y a eu d'autres produits de valorisation visant cette même entreprise?

Merci beaucoup pour les informations, c'est pour un devoir en histoire des techniques.

Par ailleurs j'aimerais aussi savoir si Jean-Pierre Borgis est toujours vivant car je n'ai aucun élément sur sa biographie.

Et si vous avez des informations autres que celles que je demande soit sur cet ouvrage sur Moulin-Vieux soit sur Jean-Pierre Borgis, j'aimerais bien les connaître.

J'ai acheté mon livre chez vous. Il est très bien.

Merci beaucoup,
Françoise Del Socorro.
http://www.geocities.com/mhaourrr_fifiufiufiu/

Bibliographie

*Monographies complètes

Borgis Jean Pierre, Moulin-Vieux: histoire d'une papeterie dauphinoise: 1869-1989. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, Histoire industrielle, 1991, 288pages. Ouvrage uniquement disponible sur www.pug.fr.

J.P. Courbon, M. Faget, P. Joint, L. Nardin, J.C. Viau, Histoire du monde Contemporain. Paris, Nathan, Repères pratiques 22, 1998, 157 p. Ouvrage épuisé.

*Chapitres d'une monographie

Morsel Henri, Parent Jean-François, Les Industries de la Région Grenobloise, Chap. III - La papeterie Grenobloise: A l'origine de la houille blanche. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, Histoire industrielle, 1991, p.75 à p.100.

Chevalier Alix, La matière première: le papier. In Coll., Histoire de l'édition française tome II. Promodis, 1984.

Biasi (de) Pierre-Marc, Le Papier, Une aventure au quotidien, Chap. I Papiers d'Asie, p.15-16, Chap. III Les moulins d'Europe, p.51-60, p.73-74, et Chap. IV Age industriel, machines et pâtes de bois, p.77-84. Paris, Gallimard, Techniques, 1999.

Association technique de la flexographie, Les supports d'impression, papier - carton - aluminium, cahier technique n°8. Chap. Faisons connaissance avec le papier, p.11-30. Paris, Association technique de la flexographie, 1993.

*Parties d'une monographie

R. Bornecque, A. Boucharlat, J. Serroy, R. Bourgeois, C. Martel et G. Tuaillon, J. Billet et C. Meyzenq, Dauphiné: Drôme - Hautes Alpes - Isère. Christine Bonneton Editeur, p.9.

Ussel Michel, Du rouet, de la roue à augets et à aubes, à la turbine hydraulique. Le bugue, Editions OL Contou, 1999, p.25.

*E-mail

"Roche" , TR: pour Françoise Del Socorro - moulin Vieux. In Yahoo! Mail, "Françoise Del Socorro" , 12 Mai 2007.

"DGS - B. HUGUENOTTE" , votre demande du 10/04/2007. In Yahoo! Mail, "Françoise Del Socorro" , 24 Mai 2007.

"Sylvie Bigot" , RE: Demande d'information sur un ouvrage. In Yahoo! Mail, "Françoise Del Socorro" , 10 Mai 2007.

*Pages web

Mairie de Pontcharra, Pontcharra : le conseil municipal, Les débats du conseil municipal de Pontcharra. http://www.ville-pontcharra.fr/fichier/vap/actu/conseil02.html, page consultée en mai 2007.

Quéruel Michel, Le Moulin-Vieux, papeterie iséroise, va arrêter de tourner, article publié le 28/06/2006. In Groupe Usine Nouvelle, L'usine nouvelle : Le quotidien des usines, http://www.usinenouvelle.com/article/page_article.cfm?nrub=188&idoc=73774&navartrech=3, page consultée en mai 2007.

Benjamin Illy, Moulin-Vieux 9 mois après, article publié le 19/02/2007. In Société Nationale De Radiodiffusion Radio France, France Bleu Isère, Informations, Les archives des reportages, http://www.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?nr=87443c3436b2be713d9fcb9238ab67e4&5435556d45373bb61223ec007300b2c8_info_mode=stories, l'article n'est plus disponible.

Richemond (de) Alec, Produits verts: le premier papier labélisé "Environnement". In Les Amis de la Terre, Le courrier de la baleine, Le journal des Amis de la Terre, janvier - février 1999, n° 120, p.10, http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/doc-105.pdf, page consultée en mai 2007.

Cercle National Du Recyclage, Annuaire des produits recyclés, Papeterie Moulin-Vieux, Coordonnées de l'entreprise, http://www.produits-recycles.com/consultent0.asp?num=1120137539, page consultée en mai 2007.

Institut National Polytechnique de Grenoble, Le papier, un matériau complexe, 2004, http://cerig.efpg.inpg.fr/dossier/papier-materiau/, page consultée en mai 2007.

Department of Modern Languages & Literatures, University of Richmond, Le XIXème siècle, 2003, http://oncampus.richmond.edu/academics/context/19_siecle/index.htm, page consultée en mai 2007.

Next Step Consulting Ltd, Faire de tout déchet une ressource, 2003, Matussière & Forest SA, http://www.corporateregister.com/a10723/gmf02-e&s-fra.pdf, page consultée en mai 2007.

Association Wikimedia France, Wikipédia - L'encyclopédie libre, http://www.wikipedia.fr, encyclopédie consultée en mai 2007.

Analyse et Traitement Automatique de La Langue Française, Le Trésor de la Langue Française Informatisé, http://atilf.atilf.fr/, dictionnaire consulté en mai 2007.

Google Inc., Google Earth, http://earth.google.com/, logiciel online de recherche géographique consulté en mai 2007.

Agence Bibliographique de l'Enseignement Superieur, Système universitaire de documentation (SUDOC), http://www.sudoc.abes.fr, catalogue consulté en mai 2007.